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Cinq jours après l'annonce de l'initiative présidentielle: La scène politique tunisienne ne parle plus que de cela!

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ESSID CAID ESSEBSI
ASSOCIATED PRESS
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Comme l’a si bien dit Rached Ghannouchi, lors de son interview avec Nessma TV, l’initiative de Béji Caïd Essebsi, concernant la formation d’un gouvernement d’union nationale, est venue chambouler toute la scène politique tunisienne et lui redonner un nouveau souffle.

Les partis de l’opposition, ceux de la coalition au pouvoir ou encore les centrales syndicale et patronale, n’ont plus d’yeux et d’oreilles que pour l’initiative présidentielle.

L’opposition tente de s’unir

Le premier réflexe de quelques partis de l’opposition a été d’appeler à une grande réunion. Initié par le Front populaire, une rencontre réunira, demain, tous les partis démocrates et progressistes de l’opposition et résultera d’une prise de position commune vis-à-vis de l’initiative de Béji Caïd Essebsi.

De son côté, l’ancien dirigeant au sein du parti Al Jomhouri, Ahmed Néji Chebbi, a exprimé son avis sur la question. Expliquant qu’il s’agit d’un problème de programme et non pas de personnes, Chebbi a cependant assuré qu’il ne déclinerait pas le poste si on le lui proposait. Selon l’intéressé, il est aujourd’hui vital de mettre en place une telle formation afin que le pays se remette sur la voie de la croissance.

Les contestations sont venues du côté du Mouvement Tunisie Volonté (Al Irada) et du Courant démocratique. Imed Daïmi et Samia Abbou ont en effet accusé le chef de l’Etat d’avoir largement dépassé ses prérogatives en se mêlant de celles qui reviennent, de droit, à l’Assemblée des représentants du peuple.

Intervenant sur les ondes de la radio Kelma, Samia Abbou a estimé que la relation qu’entretiennent Béji Caïd Essebsi et Habib Essid lui rappellent la relation qu’avaient Zine El Abidine Ben Ali et Mohamed Ghannouchi. La députée a en effet estimé que l’évaluation et le suivi du travail gouvernemental reviennent aux députés et non pas à la présidence de la République.

La coalition au pouvoir soutient le président

Rached Ghannouchi a été clair quand il a indiqué, lors de son dernier passage télévisé, que son mouvement et lui-même continuerons à soutenir l’actuel chef du gouvernement tant que ce dernier continuera à bénéficier de la confiance de Béji Caïd Essebsi et de Nidaa Tounes.

Toutefois, il semblerait que les avis sont assez divisés au sein d’Ennahdha.

En effet, et quelques heures après l’annonce de Ghannouchi, Lotfi Zitoun a appelé, directement, Habib Essid à démissionner.

Le député, du même mouvement, Abdelatif Mekki, ne s’est pas non plus aligné sur la position de son mouvement.

Intervenant aujourd’hui même sur les ondes de Shems FM, le dirigeant d’Ennahdha a estimé que l’initiative de Caïd Essebsi pose en effet une problématique constitutionnelle.

Par ailleurs, l’ancien ministre de la Santé publique a annoncé qu’il y avait un contrat moral pour qu’Essid et son gouvernement restent jusqu’à la tenue des élections municipales.

Même situation chez Nidaa Tounes: après le communiqué publié par le comité politique du mouvement – un communiqué appelant à changer de chef du gouvernement – quelques dirigeants du Nidaa, à l’instar de Mohamed Souf, ont exprimé leur souhait de voir Essid reconduit à son poste.

L’Union patriotique libre – qui se trouve dans une position fragile après avoir suspendu sa collaboration au sein de la coalition des partis au pouvoir – a adhéré à l’initiative présidentielle tout en invitant Nidaa Tounes à clarifier son avis sur la question.

Estimant qu’Habib Essid peut très bien continuer à travailler à la tête du gouvernement, l’UPL a appelé à la tenue d’un large dialogue entre les partis politiques et les organisations nationales autour de la question.

Pour Afek Tounes, l’approbation de la formation d’un gouvernement d’union nationale est venue presque naturellement.

Toutefois, le président du parti, Yassine Brahim, a insisté sur l’importance de mettre en place le nouveau gouvernement dans les plus brefs délais.

L’UTICA et l’UGTT observent de près

A l’annonce de son initiative, Béji Caïd Essebsi a pris le soin de préciser qu’elle ne pourra jamais réussir si jamais les deux plus importantes organisations nationales n’y prennent pas part.

Après qu’il ait été reçu par le chef de l’Etat, le secrétaire-général de l’UGTT, Houcine Abassi, a exprimé le soutien de la centrale syndicale à l’initiative présidentielle. Evitant de préciser si l’UGTT compte ou pas intégrer la prochaine formation gouvernementale, Abassi s’est contenté de préciser que le dialogue se poursuivra jusqu’à la mise en place de la nouvelle formation.

De son côté, la présidente de l’UTICA, Wided Bouchamaoui, a expliqué que le bureau exécutif de la centrale patronale se réunira prochainement afin d’étudier l’initiative en question. Bouchamaoui a préféré ne donner aucun détail sur les négociations qui sont menées tout en assurant que l’invitation du président traduit une grande confiance en l’UTICA.

Après des semaines passées à analyser le dixième congrès du mouvement d’Ennahdha, les acteurs médiatiques et politiques semblent n’avoir plus d’intérêt que pour l’initiative de Béji Caïd Essebsi.

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