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Malades chroniques : éviter le changement des horaires de prise de médicaments pendant le Ramadhan

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MALADIES CHRONIQUES
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Les personnes souffrant de maladies chroniques doivent éviter le changement des horaires de prise de leurs médicaments durant le mois sacré de Ramadhan, ont insisté des médecins et psychologues de santé publique.

"Plusieurs malades chroniques atteints notamment de diabète ou d’hypertension artérielle insistent à observer le jeûne et prennent tous leurs médicaments entre le F’tour et le S'hour. Il s’agit d’un comportement à haut risque sur leur santé et à même d’aggraver leurs maladies", a souligné à l'APS le Dr Naceur Abderraaouf, vice-président de la société de médecine de famille de la wilaya de Blida, lors d’une journée de sensibilisation sur le carême et les maladies chroniques, tenue au centre d’information territoriale de la Première région militaire.

Pour lui, l’avis du médecin traitant est indispensable concernant la possibilité du jeûne pour les malades chroniques. "Il y a malheureusement des malades qui s’entêtent à jeûner, alors que leur état de santé ne le permet pas. La prise de grandes quantités de médicaments en l’espace de 7 heures entre le F’tour et le S’hour peut même conduire au décès", a-t-il expliqué devant des dizaines de malades chroniques présents à la salle

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Il a jouté que d’autres catégories de malades, comme ceux ayant des ulcères d’estomac, les grossesses à risque, les maladies cardiovasculaires etc, qui nécessitent l’aval du médecin traitant pour observer le carême ou pas.

"Nos établissements de santé publique sont souvent pris d’assaut par des centaines de personnes juste après le F’tour, en raison de l’inconscience des malades et leur entêtement à jeûner coûte que coûte. Il faut en finir avec ces attitudes nocives, car même notre religion n’oblige pas ces catégories de personnes à observer le jeûne", a-t-il encore lancé.

De son côté, le psychologue de santé publique, Abdelkader Lazreg a mis l’accent lors de son intervention sur l’accompagnement familial des malades chroniques par rapport au jeûne.

"Les parents et proches doivent adopter une attitude positive vis-à-vis des malades, en leur conseillant d’adopter une hygiène alimentaire ou carrément de ne pas jeûner. Au lieu de restriction ou de privation alimentaire, il faut utiliser plutôt les termes hygiène alimentaire ou préservation de la santé", a-t-il expliqué.

Pour lui, la mise à l’écart des malades chroniques lors du f’tour, observé généralement en famille, peut même les pousser à jeûner, eux aussi, rien que pour ne pas rater ce rendez-vous familial par excellence. "L’aspect psychologique est de grande importance dans la manière de convaincre les concernés à ne pas jeûner ou à choisir certains types d’aliments compatibles avec leur état de santé", a-t-il encore indiqué.

Le directeur de la santé et de la population de la wilaya, Ahmed Djemai, a , pour sa part, assuré de la disponibilité des unités de soins publiques lors du mois sacré pour faire face à tout éventuel malaise chez les citoyens.

Il a, toutefois, affirmé que les établissements de santé de proximité effectuent un "grand travail de sensibilisation" sur le jeûne et les malades chroniques.

"Nos personnels sont à pied d’œuvre, car nous ne voulons que le mois de Ramadhan soit synonyme d’une période d’aggravation des cas de maladie ou de décès", a-t-il indiqué, à cet effet.

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