Huffpost Algeria mg

Pétrole: l'Opep "très satisfaite" du redressement des prix, l'Arabie saoudite promet "de ne pas brusquer le marché"

Publication: Mis à jour:
OPEC
Saudi Arabia's Energy Minister Khalid al-Falih (C) arrives for a meeting of OPEC oil ministers in Vienna, Austria, June 2, 2016. REUTERS/Leonhard Foeger | Leonhard Foeger / Reuters
Imprimer

Les cours du baril de pétrole finissait en hausse jeudi après deux séances de recul, grâce à l'annonce d'un reflux des stocks américains et l'absence de trop mauvaises nouvelles après la réunion semestrielle ce jeudi 2 juin de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep), à Vienne (Autriche).

A l'issue de cette rencontre, durant laquelle le nouveau ministre saoudien de l'Énergie Khaled al-Faleh affirmait que "tout le monde est très satisfait de l'état du marché", Mohammed Barkindo a été nommé secrétaire général de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP), a indiqué l'AFP.

Le remplaçant du Libyen Abdallah Al-Badri prendra ses fonctions le 1er août pour une durée de trois ans. Il a déjà occupé ce poste en tant que suppléant en 2006, rappelle la même source.

Les états-membres ont été une fois de plus incapables de trouver un terrain d'entente sur un plafonnement de la production de pétrole, malgré l'augmentation de la production iranienne et le retour de la production libyenne dans les marchés mondiaux.

A la suite de cette information, le baril de WTI s'était éloigné de la barre des 50 dollars. A 16H, le cours du pétrole se repliait de 1,47% à 48,28 dollars.

Mais la déclaration de Khaled al-Faleh a vite rassuré les investisseurs. Le ministre saoudien a affirmé que Ryad serait doux avec le marché pétrolier, ce qui permet de perpétuer le rééquilibrage du marché. Le cours du baril de référence (WTI) pour livraison en juillet a très vite gagné 16 cents à 49,17 dollars sur le New York Mercantile Exchange (Nymex), à la fin de la session.

A Londres, le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en août a quant à lui enregistré une progression de 32 cents à 50,04 dollars sur l'Intercontinental Exchange (ICE), rapporte encore l'AFP.

LIRE AUSSI: En forme, le pétrole passe le cap des 50 dollars

Le marché se rééquilibre

Le nouveau ministre saoudien de l'Énergie a affirmé que plusieurs participants étaient "satisfaits" de la conjoncture actuelle du marché, notamment du renforcement des cours ces dernières semaines. Le prix du baril a presque doublé depuis le mois de janvier, après être passé sous la barre des 30 dollars.

"Tout le monde est très satisfait. Le marché est en train de se rééquilibrer à l'heure où nous parlons, a-t-il affirmé, assurant que les prix allaient répondre à ce rééquilibrage.

Il a estimé que "la demande est extrêmement bien portante et robuste", précisant que "l'offre non-Opep décline et que le marché se comportait plutôt bien par lui-même".

Interrogé sur la stratégie saoudienne à l'égard des prix, le ministre a affirmé que Ryad serait "très doux" dans son approche et ferait en sorte de ne pas brusquer le marché. "Nous allons simplement fournir le marché s'il le faut et si nos clients nous le demandent", a-t-il expliqué.

"Nous ne voulons pas brusquer le système en réduisant l'offre (...) mais en même temps, nous pensons qu'il est temps de montrer la voie au marché et d'encourager un rééquilibrage".

M. al-Faleh poursuit: "Nous ne voulons en aucune façon de chocs pétroliers, sur le court terme ou sur le long terme. A long terme, cela signifie que nous voulons encourager l'investissement". "Les prix sont montés trop haut, ils sont descendus trop bas et sont restés trop bas durant trop longtemps selon moi", a rajouté M. al-Faleh, affirmant que les états-membres de l'Opep vont continuer à se consulter.

Mais reste vulnérable ...

Un rééquilibrage confirmé par le recul des stocks de brut des Etats-Unis, annoncé par le ministère américain de l'Energie. Les stocks d'essence et de produits distillés ont également reculé, tout comme la production américaine.

De bon augure pour les investisseurs qui espèrent ainsi une réduction des excédents actuels et le rééquilibrage des marchés mondiaux.

"Le cours du baril reste bien orienté tant ses fondamentaux s'améliorent et tant l'offre de brut diminue. Le déstockage hebdomadaire de brut et d'essence aux États-Unis est le symbole de ce rééquilibrage de l'offre vis-à-vis de la demande", commentait un analyste.

Néanmoins, un statut quo au sein de l'Opep ne protège pas les cours de pétrole d'une nouvelle chute, estime Andy Lipow, chez Lipow Oil Associates.

Selon cet analyste, l'organisation doit encore tenir compte de l'augmentation de la production iranienne et du retour de l'offre libyenne. Il a aussi appelé à tenir compte de la production nigériane, qui peut se reprendre si les autorités parviennent à contenir les violences dans le delta du Niger.

"Il se passe encore beaucoup de choses et je pense qu'à court terme on pourrait voir une chute du pétrole jusqu'à environ 45 dollars le baril", a conclu M. Lipow.

"Mais globalement le tableau de l'offre s'annonce bien meilleur en 2017, et je pense qu'on sera à 50 dollars le baril d'ici à janvier, peut-être même un peu plus haut", a-t-il dit, sans exclure des évolutions en dents de scie d'ici là.

LIRE AUSSI: Le pétrole en hausse, déjà focalisé sur l'Opep

Retrouvez les articles de HuffPost Algérie sur notre page Facebook.

Pour suivre les dernières actualités en direct, cliquez ici.