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Abbou et Chamkhi crient au scandale quant à la loi de l'exploitation de carrières illégales (INTERVIEW)

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CORRUPTION
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CORRUPTION- L'Etat est-il en train de couvrir les dossiers de corruption? C'est la question que se sont posés les députés Samia Abbou (Courant Démocratique) et Fathi Chamkhi ( Front Populaire) au HuffPost Tunisie à l'occasion de l'adoption de la loi relative à la régularisation de la situation d’exploitations de carrières de marbre illégales à Thala et Kasserine par l'Assemblée des Représentants du Peuple (ARP).

"Parmi ceux qui exploitent les carrières de marbre, il y a des mafieux, des barons de la drogue et ils causent plus de ravages que de bénéfices pour les habitants de Thala, victimes des maladies engendrées par cette exploitation", a déploré Samia Abbou au HuffPost Tunisie.

Elle qualifie même cette loi de "crime d'Etat".

Même avis pour Fathi Chamkhi qui cite d'autres exploitations illégales qui vont être légalisées avec cette loi, notamment celles des carrières de sable de Bouargoub (gouvernerat de Nabeul): "Des personnes pillent, en toute illégalité, depuis des années, ces carrières et l'Etat au lieu d'arrêter ce crime le légalise et on "amnistie" ceux qui y sont responsables", a-t-il fustigé au HuffPost Tunisie.

"Au delà des cas d'espèces posés à l'occasion de l'examen de cette loi, en voulant régler certaines situations, même motivées par de bonnes intentions , on se fait duper en créant des précédents dangereux. Désormais, la loi est au plus fort, à celui qui met l'Etat devant le fait accompli", a-t-il ajouté.

L'Etat dépassé par la corruption?

La lutte contre la corruption, prôné par le gouvernement, est-t-elle un slogan vidé de sens, de la poudre aux yeux? Si Samia Abbou est catégorique, considérant que les autorités font la chasse aux pauvres et laissent courir les mafieux, Fathi Chamkhi nuance: "L'Etat est une structure rigide alors que la corruption est dynamique, flexible qui dépasse les bonnes volontés qui veulent l'endiguer".

Le député déplore toutefois le fait que les politiques sont loin de donner l'exemple en termes de transparence, refusant de déclarer leurs biens comme l'exige la loi, évoquant "quelques cas de connexions entre les affaires de corruption et la classe politique".

Samia Abbou a avancé quant à elle, le 31 mai lors de la plénière de l'ARP, que des députés ont reçu des pots-de-vin afin de faire passer quelques projets de loi à l’ARP en faveur de certains groupes d'affaires. Une déclaration qui a soulevé des remous au sein de hémicycle .

Pour le député du Front Populaire, "c'est un système qui se reproduit, la révolution n'a pas renversé la tendance mais l'a fait perdurer. Elle a dopé la corruption. On dirait que la révolution était celle des hommes d'affaires. Tout est fait pour soi-disant améliorer le climat des affaires et nullement le climat social!", a conclu Chamkhi.

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