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Somalie: au moins 10 morts dans une attaque contre un hôtel

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AFP
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Au moins dix personnes, dont deux députés, ont été tuées dans une attaque visant un hôtel de Mogadiscio et revendiquée par les islamistes somaliens shebab, des combats étant toujours en cours jeudi matin entre les forces somaliennes et des assaillants retranchés dans le bâtiment.

Cet attentat a été mené quelques heures après l'annonce par les autorités somaliennes de la mort du cerveau présumé de l'attaque perpétrée par les shebab contre l'université de Garissa, dans l'est du Kenya, qui avait fait 148 morts en 2015, dont 142 étudiants. Il aurait été tué par des forces spéciales dans le sud-ouest du pays dans la nuit de mardi à mercredi.

L'attaque contre l'hôtel Ambassador avait débuté mercredi vers 17H40 locales (14H40 GMT) avec la puissante explosion d'une voiture piégée, ont affirmé à l'AFP des sources sécuritaires. Au moins deux assaillants avaient ensuite pénétré dans l'hôtel, tandis qu'un autre avait péri à l'extérieur du bâtiment, ont indiqué des sources concordantes.

L'explosion a causé d'importants dégâts, de nombreux débris ayant été projetés à des dizaines de mètres, et la fumée dégagée pouvait être vue à des kilomètres, selon des images publiées sur les réseaux sociaux.

"Il semble que l'attaque ne soit pas terminée, nous pouvons encore entendre des échanges de coups de feu à l'intérieur de l'hôtel", a déclaré à l'AFP Hassan Mohamed, qui habite à proximité de l'hôtel. Plusieurs détonations ont été entendues vers 05H20 locales, a-t-il assuré.

"Il pourrait encore y avoir un ou deux assaillants en vie au troisième étage, mais le reste du bâtiment est libre", a par ailleurs indiqué une source sécuritaire.

L'attaque sur cet hôtel dans lequel logaient plusieurs parlementaires a fait au moins dix morts et 40 blessés, selon des sources médicales et sécuritaires.

"Ces brutales attaques terroristes ont pour but de répandre la peur au sein de la société afin de l'empêcher de soutenir la paix et la bonne gouvernnance, mais cela n'arrivera pas", a déclaré le président somalien Hassan Sheikh Mohamud.

"Nos plus sincères condoléances vont aux proches des députés, ainsi qu'aux proches des autres civils martyrisés dans cette attaque brutale", a-t-il ajouté.

Mercredi soir, un témoin, Mohamed Elmi, avait dit à l'AFP avoir vu "sept corps, la plupart carbonisés".

- Commandos somaliens -

Quelques heures avant l'attaque, le ministre de la Sécurité de l'Etat somalien du Jubaland (sud-ouest) avait annoncé la mort de celui que le Kenya présente comme le principal organisateur du massacre de Garissa, perpétré le 2 avril 2015 et qui avait suscité l'émoi à travers le monde.

Mohamed Mohamud, alias "Kuno", un ancien professeur kényan d'une école coranique de Garissa, a été "tué par des commandos somaliens et les forces spéciales du Jubaland" dans la nuit de mardi à mercredi, avait déclaré à la presse le ministre, Abdirashid Janan.

Selon le ministre, qui s'exprimait depuis la ville côtière de Kismayo, trois autres hauts commandants shebab présumés ont été tués dans cette opération.

Le Kenya avait annoncé la mort de Mohamed Mohamud en juillet 2015 dans une attaque de drone américain en Somalie, avant de finalement se rétracter.

Le porte-parole de l'armée kényane, David Obonyo, a assuré à l'AFP ne pas pouvoir à ce stade confirmer cette mort, les "faits s'étant produits dans une zone qui n'est pas sous le contrôle" de l'armée kényane.

Les shebab n'ont pas mentionné Mohamed Mohamud dans le communiqué revendiquant l'attaque de Mogadiscio.

Mercredi, le Pentagone a par ailleurs annoncé la mort probable, dans une frappe aérienne menée vendredi dans le centre de la Somalie, de Abdulallahi Haji Da'ud, un chef shebab ayant coordonné des attaques en Somalie, au Kenya et en Ouganda.

Les Etats-Unis mènent régulièrement des frappes aériennes contre les shebab, souvent avec des drones.

Ces extrémistes islamistes, affiliés au réseau terroriste Al-Qaïda, ont juré la perte du gouvernement central de Somalie, soutenu à bout de bras par la communauté internationale et défendu par l'Amisom, la force de l'Union africaine, forte de 22.000 hommes.

Cette dernière avait chassé les shebab de Mogadiscio en août 2011. Mais s'ils ont perdu l'essentiel de leurs bastions, les shebab contrôlent toujours de vastes zones rurales d'où ils mènent leurs opérations de guérilla et autres attentats-suicides, souvent jusque dans la capitale.

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