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Mali: quatre morts dans une attaque contre l'ONU revendiquée par Aqmi

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AFP
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Un Casque bleu chinois et trois civils - un Français et deux Maliens - travaillant pour l'ONU ont été tués dans une double attaque mardi soir à Gao, dans le nord du Mali, théâtre d'une recrudescence d'opérations meurtrières.

Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) a revendiqué l'assaut, précisant qu'il avait été exécuté par des membres d'Al-Mourabitoune, groupe du chef jihadiste algérien Mokhtar Belmokhtar.

Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a annoncé qu'il allait présenter dans les prochains jours au Conseil de sécurité des propositions "visant à renforcer les positions et les capacités de la Mission" de l'ONU au Mali (Minusma), selon son porte-parole, Stéphane Dujarric.

Les forces de la Minusma, déployées depuis juillet 2013, doivent disposer des "équipements adéquats pour opérer dans un environnement dangereux et imprévisible tel que le Mali", a-t-il ajouté, rappelant que 12 Casques bleus avaient été tués dans des attaques dans ce pays pendant le seul mois de mai.

Une première attaque a visé mardi vers 20H45 (locales et GMT) le camp de la mission de l'ONU et une deuxième a ciblé les locaux d'un prestataire pour le Service des Nations unies de lutte contre les mines (UNMAS) dans un quartier distinct, a expliqué la Minusma.

"Un Casque bleu du contingent chinois a trouvé la mort et une douzaine de membres du personnel des Nations unies ont été blessés dans l'explosion d'un véhicule piégé au camp", a précisé dans le porte-parole du secrétaire général de l'ONU.

Lors d'une deuxième attaque contre un camp d'un sous-traitant des Nations unies à Gao, "un employé contractuel de nationalité française et deux gardes de sécurité de nationalité malienne" ont également été tués, a-t-il ajouté.

"C'est la première fois qu'un Casque bleu chinois est tué dans le nord" du Mali, a noté une source militaire africaine au sein de la Minusma. Parmi les blessés figurent trois autres Casques bleus chinois, selon cette source.

- Accord de paix en panne -

Le ministère chinois des Affaires étrangères Hua Chunying a condamné "un crime grave et scandaleux", appelant "l'ONU et le Mali à ouvrir une enquête approfondie" sur ces attaques et à "traduire leurs auteurs en justice".

Le ministère français des Affaires étrangères a aussi condamné la double attaque, assurant que la France se tenait "aux côtés des autorités maliennes comme de la Minusma" et restait "plus que jamais engagée pour les accompagner dans la lutte contre le terrorisme et en faveur de la stabilisation du Mali".

La France a été en janvier 2013 le fer de lance d'une intervention militaire internationale contre des groupes jihadistes liés à Al-Qaïda qui contrôlaient le nord du Mali depuis près de dix mois, à la suite de la déroute de l'armée face à la rébellion à dominante touareg, d'abord alliée à ces groupes qui l'ont ensuite évincée.

Les 15 Etats membres du Conseil de sécurité ont également condamné à l'unanimité ces attaques, estimant qu'une "application intégrale de l'Accord de paix et l'intensification des efforts pour venir à bout des menaces asymétriques contribueraient à améliorer la sécurité à travers le Mali".

Ils faisaient référence à l'accord de paix signé en mai-juin 2015 entre le camp gouvernemental et l'ex-rébellion, censé isoler définitivement les jihadistes, et dont la mise en œuvre est en panne.

Depuis 15 jours, les attaques contre l'ONU au Mali se succèdent.

Le 29 mai, cinq Casques bleus togolais ont péri dans une embuscade dans la région de Mopti (centre). Une autre attaque le 18 mai a fait six morts parmi les Casques bleus tchadiens près d'Aguelhok (bien: Aguelhok). Elle a été revendiqué par un cadre du groupe jihadiste malien Ansar Dine, allié à Al-Qaïda.

Les jihadistes ont été en grande partie chassés par l'intervention militaire internationale, qui se poursuit actuellement. Mais des zones entières échappent encore au contrôle des forces maliennes et étrangères.

Par ailleurs, une autre attaque, visant mardi soir un commissariat dans le nord du Burkina Faso, à quelques kilomètres de la frontière malienne, a fait trois morts parmi les policiers burkinabè.

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