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Google Traduction, un risque pour la sécurité nationale?

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People are silhouetted as they pose with laptops in front of a screen projected with a Google logo, in this picture illustration taken in Zenica October 29, 2014. REUTERS/Dado Ruvic/File Photo | Dado Ruvic / Reuters
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Le gouvernement fédéral canadien a constitué un outil de traduction automatique pour ses fonctionnaires, en partie pour des raisons de sécurité nationale.

Selon des documents obtenus par Radio-Canada et grâce à la Loi sur l'accès à l'information, les fonctionnaires effectuent plus d'un million de requêtes par semaine avec des outils de traduction commerciaux, principalement Google Traduction.

Les informations soumises à ces outils se retrouvent sur des serveurs autres que ceux du gouvernement canadien. Les ministères n'ont donc pas le contrôle sur les renseignements qui peuvent fuir vers l'étranger.

Les documents révèlent que le recours aux sites Internet commerciaux de traduction par les fonctionnaires fédéraux préoccupe le gouvernement.

«Je n'ai pas confiance en Google Translate, ce n'est pas sécuritaire.»
- Scott Brison, président du Conseil du Trésor

Vérification à l'interne

Le Bureau de la traduction a de son côté étudié l'utilisation que font les fonctionnaires fédéraux de ces sites commerciaux de traduction.

Services partagés Canada, Industrie Canada et le ministère de la Justice sont au sommet du palmarès d'utilisation.

De tous, Google Traduction est le grand favori des sites commerciaux : 90 % des fonctionnaires y ont recours lorsqu'ils traduisent des informations.

Nombre de requêtes avec des outils de traduction

La sécurité nationale en jeu?

Dans les documents d'information soumis à la PDG du Bureau de la traduction et au sous-ministre de Services publics et Approvisionnement Canada, on explique que la préoccupation qui arrive en tête de liste est la sécurité.

Préoccupations pour la sécurité nationale

Une information préoccupante selon des experts en droit à l'information et en sécurité nationale.

«Ça veut dire que le gouvernement effectivement perd le contrôle sur ses renseignements.»
- Teresa Scassa, professeure de droit, Université d'Ottawa

Selon Teresa Scassa, professeure de droit à l'Université d'Ottawa, des informations confidentielles de citoyens ou d'entreprises ont pu se retrouver sur ces sites étrangers.

Impossible de savoir s'il y a eu fuite de ces renseignements, car le ministère responsable, Services publics et Approvisionnement Canada, a refusé de répondre à nos questions.

Améliorer le bilinguisme et la sécurité

L'outil avait été présenté comme une façon de favoriser le bilinguisme dans la fonction publique.

Par contre, l'un des objectifs de l'outil de traduction automatique est plutôt d'empêcher les informations de sortir des serveurs du gouvernement du Canada, afin d'améliorer la sécurité.

«Une agence de renseignement étrangère pourrait facilement, littéralement se connecter sur ses services, et obtenir, peut-être au compte-goutte, énormément d'informations.»
- Michel Juneau-Katsuya, expert en sécurité nationale

Par contre, les fonctionnaires n'ont pas été explicitement informés de ne plus utiliser les sites Internet commerciaux à des fins de traduction, selon l'Association canadienne des employés professionnels (ACEP).

«Les instructions qui y sont incluses ne font aucunement mention de décourager les fonctionnaires à utiliser les autres genres d'outils disponibles dans le commerce pour protéger la sécurité.»
- Emmanuelle Tremblay, présidente, Association canadienne des employés professionnels (ACEP)

Ces sites commerciaux sont encore utilisés par les fonctionnaires fédéraux, malgré l'entrée en vigueur de l'outil, qui aura coûté 632 000 $ à mettre en oeuvre.

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