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Le patron de la MAP en visite à Téhéran: L'Iran a-t-il bonne presse au Maroc?

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IRANIAN NEWSPAPER
Raheb Homavandi / Reuters
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MÉDIAS - C'est une visite qui peut sembler anodine mais qui marque une nouvelle étape dans le dégel des relations entre le Maroc et l'Iran. Le Directeur général de l’agence de presse MAP, Khalil Hachimi Idrissi, s'est rendu, lundi 30 mai à Téhéran, au siège du groupe de presse Iran Cultural and Press Institute (ICPI) et s’est entretenu avec son directeur, Mohammad Taghi Roghaniha.

Cette visite a été l’occasion, pour les deux parties, "d’évoquer plusieurs sujets intéressant le domaine des médias et de la pratique journalistique, notamment l’établissement d’un projet d’échange de compétences, de journalistes et de stagiaires entre les deux institutions", note l'agence MAP.

"Cette rencontre a aussi été l’occasion de soulever d’autres points relatifs à l’accompagnement des défis du journaliste et son rôle dans la couverture des évènements de la région, outre le fait d’offrir aux journalistes des deux institutions la possibilité de mieux connaître les spécificités des deux pays", poursuit l'agence.

La délégation marocaine doit notamment signer une convention avec l’Agence iranienne IRNA et rencontrer des responsables du Conseil supérieur de la sécurité nationale, du ministère en charge de l’information et du ministère des Affaires étrangères.

La guerre des dépêches

Si cette rencontre se veut "fraternelle et de courtoisie", elle s'inscrit dans le sillage de la politique menée depuis plus d'un an par Rabat pour entamer un rapprochement avec Téhéran, suite à la rupture des relations entre le royaume et la république chiite en 2009, officiellement à cause d'un différend au sujet du Bahreïn, mais également "d'un activisme avéré" des autorités iraniennes "visant à altérer les fondamentaux religieux du royaume (...) et à tenter de menacer l’unicité du culte musulman et le rite malékite sunnite au Maroc", indiquait l'agence MAP à l'époque.

Il avait fallu attendre près de cinq ans pour que les relations se détendent suite à la nomination fin 2014 par l'Iran d'un ambassadeur au Maroc, avant d'être à nouveau mises en péril six mois plus tard, à cause de la publication d'une dépêche à l’égard du Maroc par l’agence Fars News, proche des Gardiens de la Révolution islamique d'Iran (l'organisation dépendant du chef de l'Etat iranien), intitulé: "Le Maroc, otage des politiques sionistes".

"Procéder à une évaluation des relations"

La ministre déléguée auprès du ministre des Affaires étrangères et de la Coopération, Mbarka Bouaida, avait alors convoqué le chargé d'affaires de l'ambassade iranienne à Rabat pour lui fait part de "la protestation véhémente du Maroc contre le contenu dangereux et inacceptable de l’article en question, qui dénote une intention de porter délibérément atteinte à notre pays."

Depuis, l'eau semble avoir coulé sous les ponts. L'Iran a entamé son grand retour sur la scène diplomatique internationale depuis la signature de l'accord sur le nucléaire. Début avril, le vice-ministre iranien des Affaires étrangères Hossein Amir-Andollahian s'est d'ailleurs entretenu avec son homologue marocaine pour "procéder à une évaluation des relations" entre les deux pays et évoquer "les grandes questions d'actualité".