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À Meknès, la société civile se mobilise pour Chaimae

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CHAIMAE
Le sit-in tenu lundi devant le tribunal de première instance de Meknès | DR
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UNIVERSITÉS - À Meknès, une dizaine d’organisations de la société civile ont manifesté lundi leur soutien à Chaimae, la fille mineure victime d’agression la semaine dernière à la faculté des sciences de la ville. Une heure avant le début du procès, dans lequel six étudiants affiliés à la mouvance gauchiste d'Annahj Addimocrati Al-Qaïdi sont impliqués, un sit-in a été tenu devant le tribunal de première instance de Meknès.

Ce sit-in a été initié par les avocats de la victime mobilisés par différentes associations marocaines, dont l'Association nationale de la réforme de la justice (ANARSYJ), rapporte AlYaoum24. Ces avocats représentent 7 différents barreaux, à savoir ceux de Rabat, Settat, Kenitra, Meknès, Fès, Oujda et Marrakech.

L'université n'est pas une "forteresse du terrorisme"

Lors de ce rassemblement, des slogans condamnant "le comportement brutal des agresseurs" et demandant à ce que les personnes impliquées soient punis ont été brandis. "L’université est un lieu de connaissance et non une forteresse du terrorisme", scandaient notamment les participants.

chaimaa


L’agression de Chaimae, une fille mineure qui travaillait dans la cafétéria de l’université, a ému beaucoup d'acteurs de la société civile et défenseurs des droits de l'homme. Selon la Direction générale de la sûreté nationale (DGSN), ses agresseurs, des étudiants à la fac, lui ont lié les mains, couvert les yeux d’un châle en coton et rasé ses cheveux et sourcils de force.

Les mis en cause, qui ont avoué l’agression, ont été arrêtés le 18 mai dernier par la police, en possession de deux armes blanches de gros calibre. Selon plusieurs médias arabophones, les agresseurs soupçonnaient la jeune fille d’espionner leurs activités au profit des étudiants amazighs. À la demande de la défense, le procès a été reporté pour la deuxième fois. Le verdict du tribunal de Meknès doit être rendu le 13 juin prochain.

Les actes de violences dans les campus universitaires entre les différentes mouvances estudiantines sont fréquents, et ont parfois des conséquences tragiques. Au mois de janvier, deux étudiants avaient trouvé la mort à Marrakech et Agadir après des affrontements entre étudiants amazighs et sahraouis. En avril 2014, un étudiant était mort à la Faculté des sciences de Fès, après son agression à l'arme blanche lors de violences entre des factions rivales islamistes et d'extrême-gauche.

Le ministre de l'Enseignement supérieur, de la recherche scientifique et de la formation des cadres, Lahcen Daoudi, qui s'exprimait lors de la rencontre nationale pour la gouvernance universitaire, qui s'est tenue mercredi 25 mai à Rabat, est revenu sur l'affaire de Chaimaa. Le ministre a déclaré qu'"il est obligatoire d'élaborer une loi qui classe les organisations estudiantines qui exercent des violences dans les universités parmi les organisations terroristes", pour "que nous puissions avoir accès à ceux qui les soutiennent et les financent".

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