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Comment Zinédine Zidane a transformé le Real Madrid

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Football Soccer - Spanish Liga BBVA- Real Sociedad v Real Madrid - Anoeta, San Sebastian, Spain 30/4/16 Real Madrid coach Zinedine Zidane arrives for a match against Real Sociedad REUTERS/Vincent West | Reuters
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FOOTBALL – A peine arrivé, peut-être samedi soir déjà dans la légende. Alors qu'il a repris les rênes du Real Madrid il y a cinq mois seulement, voici que Zinédine Zidane pourrait devenir le premier entraîneur français à gagner la Ligue des Champions, à Milan face à l'Atlético Madrid.

Depuis janvier, avec "Zizou" dans le costume d'entraîneur, le Real s'est métamorphosé, passant de l'équipe humiliée par le FC Barcelone fin 2015 (0-4) au onze sublimé qui vise ce week-end la 11e Ligue des Champions de son histoire.

À sa nomination, qui aurait dit que le jeune entraîneur français irait si haut si vite? Le club madrilène restait sur une année 2015 horribilis, sans le moindre trophée et avec une série de couacs sportifs et extra-sportifs: le transfert avorté du gardien David de Gea, la mise en examen de Karim Benzema dans l'affaire de la sextape, l'élimination sur tapis vert en Coupe du Roi pour avoir aligné un joueur suspendu, la gifle historique subie fin novembre au stade Santiago-Bernabeu face à un Barça triomphant (0-4)...

Le Français, entraîneur de la réserve merengue, manquait probablement d'expérience pour remplacer Rafael Benitez pendant le mercato hivernal. Mais le statut d'icône de l'ex-meneur de jeu du Real (2001-2006) a permis de ramener le calme parmi des "socios" (supporteurs-actionnaires) très échaudés.

Les premières semaines de Zidane sur le banc n'ont pas toujours été simples, avec notamment un derby perdu fin février en Liga contre l'Atletico Madrid (1-0), l'adversaire du soir. Mais le mois d'avril a marqué une inflexion: le clasico gagné au Camp Nou (2-1) face au Barça a rendu sa fierté à la "Maison blanche", tout en lui permettant de revenir dans la course en Liga, avec seulement un point de retard sur le duo Barça-Atletico à deux journées de la fin. Luttant jusqu'au bout, le Real terminera finalement 2e, derrière le Barça mais devant l'Atlético.

Un vestiaire pacifié

"Je suis l'entraîneur de l'équipe et il y a sûrement des choses que j'ai bien faites", avait lancé le technicien début mai. La mue la plus spectaculaire a trait à l'état d'esprit: les joueurs madrilènes, déboussolés hier, affichent aujourd'hui une solide force mentale, à l'image de la "remontada" réussie en quarts de C1 contre Wolfsburg (0-2 puis 3-0) (si bien que le costume de "Zizou" n'avait pas tenu le choc).

Pour cela, "Zizou" a pris des décisions courageuses, comme reléguer sur le banc les dilettantes James Rodriguez et Isco, et intégrer le milieu défensif brésilien Casemiro.

"Zidane a été crucial dans ce changement", notait récemment dans un éditorial Alfredo Relano, directeur du quotidien sportif madrilène As. "Il a décontracté l'effectif, l'a isolée des mauvaises influences et a stabilisé le groupe autour de Casemiro". Quant à Cristiano Ronaldo, il est redevenu décisif dans les grands matches avec l'arrivée du Français. "J'espère qu'il continuera à ce poste, avait affirmé le triple Ballon d'Or portugais. Nous avons toujours été derrière Zidane, parce que c'est une personne humble, qui sait écouter les joueurs, et cela facilite toujours les choses."

Charismatique, diplomate et à l'écoute, "Zizou" a restauré la solidité et la solidarité au sein de l'équipe. "Si le message passe, je suis content", commentait-il ce mois-ci en conférence de presse. D'autant plus que le natif de Marseille, qui n'a pas perdu son âme de joueur, participe souvent à ses propres entraînements, régalant encore par des gestes techniques exceptionnels. Des moments appréciés par l'effectif.

Une communication maîtrisée

Face à la presse aussi, la mutation est notable: quand Benitez était cassant et professoral, Zidane paraît souriant et détendu devant les journalistes, esquivant sans mal les polémiques dont les médias espagnols sont friands. Et l'ancien Ballon d'Or a toujours pris publiquement la défense de son groupe, comme par exemple au sujet des démêlés judiciaires de Benzema.

"Il s'en sort très bien. Il a gagné le respect de tout entraîneur", avait déclaré récemment à l'AFP Vicente del Bosque, entraîneur de Zidane pendant deux saisons au Real (2001-2003). "Dans sa communication, il fait très bien les choses. Et sur les résultats aussi. Il fait du bon travail et cela me réjouit, car c'est un collègue, en fin de compte", avait ajouté l'expérimenté sélectionneur de l'Espagne, heureux de voir son ancien élève passer maître dans la carrière d'entraîneur.

"Avant tout, il faut le féliciter pour le travail accompli, qui a été fabuleux, a reconnu de son côté Diego Simeone, l'entraîneur de l'Atlético. Débuter de la manière dont il l'a fait, dans une période compliquée pour le club...".

Si le Real l'emporte ce soir, "Zizou" entrera aussi directement dans la légende des grands joueurs devenus entraîneurs. Et hormis Johan Cruyff et Franz Beckenbauer, on s'aperçoit sur l'infographie ci-dessous que ce n'est pas si simple de réussir les deux carrières à la suite (voir ci-dessous). "La meilleure chose qui me soit arrivée a été de jouer au Real Madrid, a résumé Zidane dans une interview accordée à l'UEFA et publiée sur le site internet du Real. Et maintenant, j'ai la chance d'entraîner le meilleur club du monde, donc je suis un homme heureux."

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