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Découvrez Oncle Mohamed, artisan de tapis de nattes à Djerba depuis l'âge de douze ans (PHOTOS)

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ARTISANAT - Dans une des multiples ruelles de Houmet Essouk, Oncle Mohamed adresse aux passants -même ceux qu'il ne connait pas - un sourire bienveillant. Chachia sur la tête, vêtu d'une djebba et d'un sarouel, la chaleur caniculaire ne semble pas l'atteindre.

Dans son atelier de nattes, le vieil homme est reclus entre la "hsira" (tapis de nattes) et les couffins qu'il confectionne depuis des décennies, parce qu'entre Oncle Mohamed et la natte, c'est une très vieille histoire.

Une histoire de famille

À l'âge de douze ans, le vieil artisan a appris de son père - qui lui-même fut formé par son père- la confection des tapis de nattes, "depuis je n'ai effectué que ce travail, je n'ai jamais eu l'impression que c'était une obligation, c'est ma passion", confie-t-il.

Une passion que lui-même apprendra à ses trois fils "même si le petit dernier est plus capricieux, il préfère travailler au café du coin".

oncle mohamed

"Je comprends que les jeunes s'éloignent du travail artisanal. C'est devenu plus difficile depuis que les usines de confection des tapis de nattes en plastique sont venues nous concurrencer", explique Oncle Mohamed.

Une lutte commerciale qui met à mal ce vieil artisan, "même si les tapis de nattes sont demandées parce que c'est un produit naturel et excellent pour la santé, mais quand les artisans de nattes n'ont plus réussi à faire de bénéfices à cause des usines de plastique, certains se sont éloignés."

atelier

Un abandon auquel Oncle Mohamed n'a jamais pensé, "toute ma vie et mon histoire est entre ces quatre murs."

Un travail éprouvant

Assis par terre, son outil de travail entre ses deux jambes écartées, des tiges de nattes éparpillées partout, l'artisan avoue que le travail est éprouvant et qu'il demande beaucoup de force physique.

oncle mohamed

"A première vue, cela pourrait paraître simple mais il n'en est rien. La confection de tapis demande une grande concentration et du souffle", affirme Oncle Mohamed.

Pourtant, avec dextérité et rapidité, il enchaine les gestes: Oncle Mohamed place la tige de nattes sur son outil et l'intègre avec un bout de bois qu'il fait glisser avec le reste du tapis. En même temps, il raconte une blague et se rappelle mélancoliquement que le couscous n'est plus ce qu'il était.

Oncle Mohamed, artisan de tapis de nattes. #huffposttunisie #huffpostgram #djerba #tunisie

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Mais "ce n'était pas mieux avant" pour Oncle Mohamed, "il faut évoluer avec l'époque, accepter les changements, et vivre avec, sinon on pourrait devenir fou".

A la fin, Oncle Mohamed ne se lève pas vers la porte de sortie, "enfin c'était mieux avant quand je pouvais me lever facilement pour raccompagner mes invités".

Son sourire ne l'a pas quitté.

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