Huffpost Maroc mg

En Allemagne, la société civile s'insurge contre l'inscription du Maroc dans la liste des "pays sûrs"

Publication: Mis à jour:
ANGELA MERKEL
German Chancellor Angela Merkel delivers a speech during a ceremony to mark the 10th anniversary of the German Olympic Sports Confederation (DOSB) in Frankfurt, Germany, May 20, 2016. REUTERS/Kai Pfaffenbach | Kai Pfaffenbach/Reuters
Imprimer

IMMIGRATION - L'Allemagne a validé, vendredi 13 mai, l'inscription du Maroc, de l'Algérie et de la Tunisie dans la liste des "pays sûrs", une décision qui entraine le renvoi des demandeurs d'asiles maghrébins et qui a suscité le mécontentement de la société civile germanique. Une pétition a été lancée afin d'appeler à ne pas expulser les réfugiés maghrébins au vu des "multiples atteintes aux droits de l'homme (dans ces trois pays du Maghreb, ndlr)".

Signée près de 20.000 fois en moins de 48 heures, la pétition s'adresse aux autorités allemandes et appelle à "supprimer de manière urgente l'Algérie, le Maroc et la Tunisie de la liste des pays déclarés sûrs". Pour cause, la pétition estime que "plusieurs cas de violence et de persécution sont encore constatés dans ces pays", particulièrement pour la communauté LGBT qui "fait toujours face à la criminalisation".

La pétition expose par ailleurs le cas de Yasmine (nom d'emprunt) qui a été emprisonnée pendant dix mois en Algérie parce qu'elle est transexuelle. Au Maroc comme chez ses voisins maghrébins, les personnes LGBT font face à une peine d'emprisonnement allant jusqu'à trois ans de prison.

Avant d'être adoptée officiellement, la décision du parlement allemand devrait être votée par le Conseil fédéral. Une dernière chance pour les signataires de cette pétition qui espèrent son annulation afin que "des gens comme Yasmine puissent vivre en sécurité".

L'obtention de l'asile se complique

Le rajout des pays maghrébins dans la liste des "pays sûrs" a été motivée, entre autres, par une série d'agressions sexuelles commises lors de la nuit du Nouvel an et dont les auteurs étaient principalement marocains et algériens. Un entretien téléphonique entre Mohammed VI et Angela Merkel avait notamment débouché sur un accord relatif au rapatriement des migrants clandestins marocains "dont certains se réclament fallacieusement de la qualité de réfugiés".

Sauf que cette décision devrait également concerner des personnes ne vivant pas en sécurité dans leurs pays et dont la demande d'asile pourrait être facilement déboutée vu que leur pays d'origine est considéré "sûr" par l'Allemagne.

Au lendemain de la décision du parlement allemand, Andrej Hunko, député du parti de gauche radicale, s'est ouvertement opposé à cette mesure. C'est un "vendredi noir pour le droit d'asile en Allemagne", avait-il déclaré.

Il n'est d'ailleurs pas le seul à mener ce combat. Plusieurs associations de défense de droits de l'Homme et membres de l'opposition critiquent cette décision, listant notamment "des discriminations visant la communauté homosexuelle, les atteintes à la liberté d'expression et les cas de torture".

Combien sont-ils?

En 2015, l'Allemagne a reçu près de 26.000 personnes provenant du Maroc, de l'Algérie et de la Tunisie. Un chiffre qui représente moins de 1% des demandes d'asiles effectués. L'Allemagne ayant accueilli plus d'un million de demandeurs d'asile cette année.

Si la "générosité" d'Angela Merkel a été critiquée par ses détracteurs, l'inquiétude a été accentuée par le scandale des agressions sexuelles à Cologne, qui a été exploité par ses opposants afin de justifier leur opposition à la politique migratoire de la chancelière allemande.

LIRE AUSSI: Mohammed VI et Angela Merkel décident de rapatrier les migrants clandestins marocains

Close
Manifestations anti-islam en Allemagne (12 janvier)
sur
Partager
Tweeter
PUBLICITÉ
Partager
fermer
Image affichée