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Said Assadi: "Le festival Mawazine donne la possibilité à toutes les expressions musicales d'exister" (INTERVIEW)

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SAID ASSADI
Rencontre avec Said Assadi, programmateur de la scène du Chellah à Mawazine | Said Assadi/Facebook
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MUSIQUE - Directeur du festival et bureau de concerts Accords croisés en France, il est également à la charge de la programmation de la scène du Chellah au festival Mawazine depuis 2013. Sa collaboration avec Maroc Cultures, les thématiques choisies, l'esprit derrière le thème de cette édition... Said Assadi explique au HuffPost Maroc la philosophie de cette scène emblématique du festival r'bati.

Vous concevez la programmation de la scène du Chellah au festival Mawazine depuis trois ans. Comment est née cette collaboration?

Je travaille avec le festival Mawazine depuis sept ans. Auparavant, on venait avec des projets dispersés, notamment des concerts ponctuels pour la scène du Chellah. En observant le public, j'ai constaté que c'est un public cultivé, parfois de façon étonnante, mais ce dernier n'était pas assez important. A partir de là, j'ai pensé qu'il était judicieux de proposer des thématiques pour cette scène, afin de donner quelques clés au public pour qu'il puisse aller plus loin et découvrir différentes cultures à travers la musique.

Quel souvenir gardez-vous de votre première création pour Mawazine, la route musicale de la soie, en 2013?

Nous avions organisé un voyage en musique de la Chine jusqu'en Italie à travers différentes pays par lesquels passe la route de la soie. Nous avons fait une sélection de huit pays qui représentent au mieux les différents continents par lesquels passe ce réseau commercial important. Le résultat était intéressant. Le public a augmenté à partir de là. C'est d'ailleurs pour cette raison que j'ai proposé à Aziz Daki, le directeur artistique du festival, de poursuivre cette initiative.

La route musicale de la soie, Une musique dans chaque port, les chants mystiques du monde... Comment traduit-on un concept aussi abstrait en série de concerts?

On essaie avant tout de choisir les sonorités et les artistes les plus représentatifs de telle ou telle région qui donnent ce désir au public d'essayer d'aller plus loin s'il le souhaite. Ce n'est pas une programmation facile par rapport à la programmation habituelle d'un festival, mais c'est plus passionnant, autant pour moi en tant que programmateur que pour le public.

Quelle a donc été la philosophie derrière l'édition de cette année, consacrée aux chants mystiques du monde?

Je pense que la découverte de chaque expression mystique peut nous aider à mieux vivre ensemble. L'idée de consacrer la programmation de cette année aux chants mystiques du monde a un lien intrinsèque avec l'actualité. Il se passe aujourd'hui des événements assez cruels et la question de la religion y est souvent rattachée. Le cultuel a pris une place très importante et est perçu de manière très négative par l'opinion publique. L'idée était donc d'essayer de mettre en scène cette diversité de croyances mystiques dans différentes cultures.

Qu'est ce qui distingue à votre avis Mawazine des autres festivals du monde?

Ailleurs, les festivals sont souvent cloisonnés dans un genre précis de musique. J'ai l'impression que l'on veut mettre la musique dans des tiroirs et les étiquetter par la suite. Alors qu'aujourd'hui, ce que produisent les artistes ne correspond plus à ce cloisonnement. Quelque soit l'artiste ou le genre de musique, on part à la recherche de nouvelles sonorités, de rencontres, pour enrichir notre musique. Je suis content qu'il y ait un festival qui donne la possibilité à tous les genres de musiques et à toutes les expressions musicales d'exister. Des stars de variété internationale jusqu'aux musiques les plus pointues ont une place dans ce festival.

Après Alireza Ghorbani et Noëmie Waysfeld, sont attendus sur la scène du Chellah Les musiciens du Caire (23 mai), Ines Bacán, Majid Bekkas et Pedro Soler (24 mai), Antonio Castrignanò (25 mai), Souffles Quartet (26 mai), Kakushin Nishihara et Gaspar Claus (27 mai) et Houria Aïchi (28 mai). Les concerts débutent à 17 heures.

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Alireza Ghorbani au Festival Mawazine
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