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Les Etats-Unis frappent les talibans à leur tête

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TALIBAN
Taliban leader Mullah Akhtar Mohammad Mansour is seen in this undated handout photograph by the Taliban. Taliban Handout/Handout via Reuters/File Photo ATTENTION EDITORS - THIS PICTURE WAS PROVIDED BY A THIRD PARTY. REUTERS IS UNABLE TO INDEPENDENTLY VERIFY THE AUTHENTICITY, CONTENT, LOCATION OR DATE OF THIS IMAGE. THIS PICTURE IS DISTRIBUTED EXACTLY AS RECEIVED BY REUTERS, AS A SERVICE TO CLIENTS. FOR EDITORIAL USE ONLY. NOT FOR SALE FOR MARKETING OR ADVERTISING CAMPAIGNS. TPX IMAGES OF | Handout . / Reuters
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Les Etats-Unis ont annoncé samedi qu'ils avaient "probablement" tué dans une frappe aérienne au Pakistan le chef des talibans afghans, le mollah Akhtar Mansour, volant au secours du gouvernement de Kaboul mis à rude épreuve par les insurgés islamistes.

Le porte-parole du Pentagone Peter Cook a annoncé samedi que le mollah Mansour avait été visé par une frappe aérienne américaine.

"Il était un obstacle à la paix et à la réconciliation entre le gouvernement d'Afghanistan et les talibans, interdisant aux chefs talibans de participer aux négociations de paix avec le gouvernement afghan", a-t-il indiqué.

Un responsable américain a ensuite déclaré sous couvert de l'anonymat que le chef taliban avait "probablement" été tué, dans une frappe autorisée par le président Barack Obama lui-même.

Le bombardement a été mené par plusieurs drones des forces spéciales américaines dans une zone éloignée à la frontière de l'Afghanistan et du Pakistan, "au sud-ouest de la ville d'Ahmad Wal", située en territoire pakistanais, a précisé le responsable américain.

Les Etats-Unis ont informé le Pakistan et l'Afghanistan de leur frappe aérienne peu de temps après l'avoir effectuée, a indiqué un haut responsable de la Maison Blanche.

La frappe est intervenue alors que le gouvernement afghan est mis à rude épreuve par les talibans, qui ont effectué de nombreuses avancées dans le pays depuis l'arrêt de la mission de combat des Etats-Unis et de l'Otan fin 2014.

Les talibans avaient lancé mi-avril leur "offensive de printemps", marquée par un attentat particulièrement meurtrier en plein Kaboul fin avril.

La frappe a été immédiatement saluée par plusieurs "faucons" de la politique étrangère américaine, dont le sénateur John McCain, l'influent président de la commission des forces armées du Sénat américain.

"J'espère que cette frappe contre le principal dirigeant des talibans va amener l'administration (Obama) à reconsidérer sa politique d'interdire aux troupes américaines de s'en prendre aux talibans", a-t-il déclaré dans un communiqué.

De nombreuses voix dans l'armée américaine et à Washington avaient réclamé ces derniers mois que les Etats-Unis reviennent à un engagement direct contre les talibans, en particulier avec des frappes aériennes.

"Nous devons enlever les gants des forces" américaines et de l'Otan en autorisant des frappes aériennes, a ainsi plaidé cette semaine dans une tribune dans le Wall Street Journal le prestigieux général David Petraeus, ancien commandant des forces américaines en Afghanistan, ancien directeur de la CIA.

"Limiter nos attentes"

Depuis la fin de la mission de combat de l'Otan en Afghanistan, les forces américaines n'ont plus théoriquement qu'un rôle de conseil et d'assistance auprès des forces afghanes.

Le mollah Akhtar Mansour avait pris officiellement la tête des talibans afghans en juillet 2015, prenant la succession du mollah Omar.

En décembre 2015, des sources afghanes et pakistanaises avaient indiqué que le mollah Mansour avait été grièvement blessé voire tué dans une fusillade lors d'une réunion de cadres talibans qui aurait dégénéré au Pakistan. Sa mort avait été démentie par le mouvement islamiste.

Pour beaucoup, la stratégie offensive actuelle des talibans était à mettre sur le compte du mollah, soucieux d'assoir une autorité que lui contestent nombre de cadres, mécontents du processus ayant mené à sa désignation.

Certains combattants talibans ont d'ailleurs rejoint les rangs de factions dissidentes, et d'autres ceux du groupe Etat islamique, surtout implanté dans l'est de l'Afghanistan.

Le processus de paix entre Kaboul et les talibans est moribond. Mais le Pakistan a accueilli mercredi dernier une nouvelle session de pourparlers internationaux, espérant le relancer.

Michael O'Hanlon, expert des questions militaires au prestigieux cercle de réflexion Brookings à Washington - et co-signataire de la tribune avec le général Petraeus - s'est montré prudent sur les conséquences qu'aurait la mort du mollah pour le combat contre les talibans.

"Les talibans ont tellement de chefs, et tellement de capacité de fonctionner localement, sans être dirigés par un échelon central, que nous serions bien avisés de limiter nos attentes" sur la mort du mollah.

"Mais peut-être que cela peut modestement améliorer les perspectives d'un accord de paix", a-t-il indiqué dans un e-mail à l'AFP.

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