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Ce qu'il faut retenir de l'interview de Loubna Abidar dans "On n'est pas couché" (VIDÉO)

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CINÉMA - L'actrice de "Much Loved", en pleine promotion de son autobiographie "La dangereuse", a fait quelques sorties remarquées lors de l'émission "On n'est pas couché", délocalisée à Cannes samedi 21 mai pour le festival du cinéma.

Interviewée par le journaliste et chroniqueur français Laurent Ruquier, Loubna Abidar raconte notamment que lorsqu'elle était enfant et qu'elle regardait les actrices à la télévision, sa grand-mère lui disait de ne pas les regarder parce que c'étaient "des prostituées qui iront en enfer".

"Je me demandais comment des femmes belles comme cela pouvaient aller en enfer. Je ne connaissais pas le mot 'actrice', alors quand on me demandait ce que je voulais faire quand je serai grande, je répondais: 'une prostituée connue dans le monde entier'".

L'actrice est aussi revenue sur sa relation conflictuelle avec son père, qui l'a violentée lorsqu'elle était jeune. Il lui a notamment brûlé des cigarettes sur le corps. "Je ne voulais pas trop m'étendre sur le sujet, j'aurai pu écrire dix livres pour raconter le mal qu'il m'a fait", explique-t-elle ajoutant que "jamais de la vie" elle ne pourrait lui pardonner.

"On retourne en arrière"

La journaliste Léa Salamé, également sur le plateau, lui demande ensuite si "la femme marocaine vit aujourd'hui mieux qu'il y a dix ans". "Quand je vois des photos de Marocaines en mini-jupe à Casablanca dans les années 60-70, et l'harmonie qui existait entre juifs et musulmans, je trouve qu'aujourd'hui on a beaucoup de haine, on retourne en arrière", répond Loubna Abidar. "La Moudawana a beaucoup aidé la femme, mais on a d'autres problèmes graves comme le mariage et le viol des petites filles", ajoute-t-elle.

L'actrice, qui estime ne pas mener un combat politique mais simplement vouloir faire passer des messages aux femmes du monde musulmane à travers son livre, explique qu'elle veut leur dire "qu'elles ont le droit d'aimer un noir, un blanc, un juif ou un chrétien. Quand j'étais petite, je n'aimais pas les juifs parce qu'on m'avait dit qu'ils étaient méchants. J'ai compris plus tard que c'était faux", raconte-t-elle.

Elle revient également sur sa relation avec Claude Challe, célèbre DJ français qui avait la soixantaine lorsqu'elle était avec lui, à l'âge de 16 ans. "Je ne connaissais rien aux hommes, même s'il m'a parfois humiliée, j'étais bien avec lui, c'était toujours mieux qu'avec mon père", explique-t-elle.

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