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Qui est Binali Yildirim, le nouveau Premier ministre turc?

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BINALI YILDIRIM
Qui est Binali Yildirim, le nouveau Premier ministre turc? | Umit Bektas / Reuters
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INTERNATIONAL - Le parti Justice et développement (AKP, au pouvoir depuis 2002) a officiellement désigné, dimanche lors de son 2ème congrès extraordinaire, le ministre des Transports et de la Communication Binali Yildirim, à la tête de la formation politique.

Unique candidat, M. Yildirim, 61 ans en décembre prochain, a recueilli 1.405 voix sur les 1.470 délégués et va automatiquement diriger le gouvernement, les deux fonctions étant liées selon les statuts du parti. Il devient ainsi le troisième président de l'AKP et le 27e Premier ministre de Turquie.

Yildirim, député d'Izmir (ouest) et architecte des grands projets qui ont changé la face du pays, succède ainsi à celui considéré comme l'architecte de la politique étrangère Ahmet Davutoglu.

Ingénieur maritime de formation, il avait fait ses premiers pas en politique en 2000. Il prit en charge le ministère des transports et de la communication depuis l'arrivée de l'AKP au pouvoir en 2002 et servit dans trois gouvernements consécutifs (2002-2013), puis à partir de novembre 2015 après les législatives anticipées. Entretemps, il avait été nommé conseiller auprès de la présidence.

Un proche d'Erdogan

Binali Yildirim, un des co-fondateurs de l'AKP, est considéré comme l'un des plus proches collaborateurs du président Recep Tayyip Erdogan. "Nous mettrons en œuvre tous nos efforts pour travailler en totale harmonie avec notre président fondateur et leader", a-t-il fait savoir lors de sa première allocution à sa désignation jeudi dernier par le comité exécutif du parti.

Le prochain gouvernement va s'atteler à l'élaboration du projet de nouvelle constitution pour présidentialiser le régime et renforcer les pouvoirs exécutifs du président qui, selon la loi fondamentale du pays, remplit des fonctions essentiellement honorifiques.

M. Yildirim fait de la transition du régime parlementaire vers le présidentiel la "priorité" du gouvernement en dotant le pays d'une nouvelle loi fondamentale, a-t-il lancé devant les délégués du parti participant au congrès extraordinaire.

M. Erdogan, premier chef d'Etat turc élu au suffrage direct, avait annoncé, dès son élection en août 2014, qu'il ne se contentera pas de poste protocolaire, "d'un poste pour se reposer", mais qu'il sera une part intégrante de l'exécutif.

L'AKP a récolté, aux législatives anticipées de novembre dernier, plus de 49% des voix soit 317 sièges sur 550 que compte le parlement mais ne dispose pas de la majorité qualifiante (367 sièges) pour adopter une nouvelle loi suprême. A défaut, il a besoin d'un vote soutenu par un quorum de 3/5èmes (330 députés) pour soumettre, seul, le projet de constitution à référendum.

Depuis son élection à la magistrature suprême du pays en août 2014, le président Erdogan n'avait fait aucun secret de son ambition de présidentialiser le régime et d'élaborer une nouvelle Constitution afin de remplacer le texte actuel, hérité du coup d'Etat militaire de 1980, révisé plus d'une quinzaine de fois et qui instaure un régime parlementaire.

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