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D'inspecteur principal d'éducation physique à chef cuisinier, rencontre avec Foued Frini

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FOUED FRINI
Foued Frini/Facebook
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Tout au long de sa vie, Foued Frini a su trouver un équilibre entre son métier au ministère de la Jeunesse et des Sports et sa passion pour la cuisine. Une passion saluée lors de son pot de départ à la retraite où diverses associations culinaires ont tenu à lui faire revêtir la veste de chef de cuisine.

Une langue parlée par tout le monde

Si Foued Frini a eu une carrière éloignée des fourneaux - sa carrière initiale étant celle d'Inspecteur principal d'éducation physique au sein du ministère de la Jeunesse et des Sports - , la cuisine a toujours été présente.

Aîné d'une fratrie de cinq soeurs, il se souvient que plus jeunes celles-ci étaient "amoureuses de ma cuisine, elles se proposaient de repasser mes chemises, me faisaient des cadeaux pour que je leur fasse mon riz". A ce moment, la cuisine n'était destinée qu'à ses proches et à ses amis.

Au fil du temps, Foued Frini découvre à travers la cuisine, les ponts et les croisements culinaires entre les différentes cultures.

"J'ai étudié le sport en Roumanie, et dans le foyer universitaire, on était de toutes les nationalités, ce langage commun qu'est la cuisine m'a poussé à m'intéresser aux croisements entre les cultures", raconte-t-il.

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Par la suite, ce sont ses amis qui l'encouragent à organiser des évènements autour du brassage culinaire, "c'est ce qui m'a permis de passer à un palier supérieur, par le biais de l'organisation d'évènements en faisant découvrir aux gens différents types de cuisines: libanaise, mexicaine, italienne, indienne, etc".

Une expérience qui permettra au chef -désormais- Foued Frini de créer des concepts pour certains restaurants, ou encore d'être consulté pour prodiguer des conseils.

"Je suis un chef nomade, je fais du 'show cooking' avec ma paellera géante (ustensile utilisée pour la préparation de la paella)", explique le chef.

De la paella, il tente de développer le concept en testant d'autres plats sur la paellera, tels que: la fideua, "une paella à base de pâtes et là j'ai vu que c'était possible de faire des plats tunisiens. Je me suis produit à Nabeul, pour faire des pâtes nabeuliennes avec la paellera, ça a cartonné", raconte Foued Frini.

Revaloriser le terroir tunisien

L'ambition du chef Foued Frini? Remettre la cuisine tunisienne au goût du jour.

"Malheureusement, jusque-là, il n'y a pas eu assez de recherches pour booster l'art culinaire tunisien parce que quand vous prenez les cartes des restaurants de Tunis - à quelques exceptions-, c'est du copié/collé. La cuisine tunisienne se limite aux couscous au poisson, à la salade méchouia", confie le chef au HuffPost Tunisie.

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Une situation qu'il déplore, "nous avons un patrimoine culinaire extraordinaire, c'est pour ça que je veux me concentrer sur le terroir tunisien". Dans cette optique, il est allé à Tamazret (village au gouvernorat de Gabès) lors de la célébration du nouvel an amazigh où il découvre le patrimoine culinaire riche de ce village.

"J'ai découvert un plat qui s'appelle 'krabiz', ce sont des 'nouassers' un peu plus grandes et sèches qu'on sert très rapidement. Ce plat je l'ai réalisée en show cooking à la foire du Kram, et il a eu un succès énorme", se remémore Foued Frini.

Pour le chef, la Tunisie a un potentiel énorme, "nous avons plus de sept zones climato-biologiques, les gens sont différents. Vous n'allez pas trouver la même cuisine au Kef, à Kebili ou à Tozeur. Avec ça, il faut ajouter le passage des différentes civilisations", explique le chef.

Ce contraste pourrait, selon lui, relancer le tourisme culturel et culinaire, "parce que les touristes mangent très mal chez nous, et ils ne mangent pas tunisien".

Osez Joséphine!

Pour remettre au goût du jour les plats purement tunisiens, il faut changer les habitudes, selon le chef Frini. Par exemple, à son actif, le 'borzgén', plat keffois par excellence, qu'il a revisité en remplaçant la viande cuite dans de l'eau par une viande cuite à basse température et à l'étouffée.


Il pointe également le rôle pédagogique du chef en salle: "il faut sortir des cuisines, confronter les clients, et dans certains cas leur apprendre ou réapprendre à bien manger, et à ne pas bouffer", dit le chef Foued Frini.

Mot d'ordre: faites preuve de partage et d'imagination.

LIRE AUSSI: À la rencontre du jeune chef tunisien Ali Dey Dali, dans les cuisines de son premier restaurant en Tunisie

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