Huffpost Maroc mg

Des étudiantes américaines se plaignent du harcèlement de rue au Maroc

Publication: Mis à jour:
HARCELEMENT RUE
Des étudiantes américaines se plaignent du harcèlement de rue au Maroc |
Imprimer

SOCIÉTÉ - Partir étudier à l'étranger est une expérience enrichissante, mais peut devenir un vrai calvaire pour certains. Dans le cadre d'un programme d'échange au Maroc, des étudiantes américaines se sont plaintes du harcèlement qu'elle subissaient dans les rues de Rabat et du manque de soutien au sein de leur programme pour y faire face, malgré la présence de conseillers psychologiques.

Selon le Daily Northwestern, qui rapporte l'information ce vendredi 20 mai, 16 étudiantes sur les 35 étudiants américains partis à l'automne dernier au Maroc dans le cadre du programme SIT Study Abroad ont envoyé un email au coordonnateur pour dire que le personnel du programme n'avait pas répondu de manière adéquate à leurs "plaintes répétées de discrimination sexuelle et de harcèlement sexuel".

Une des étudiantes, qui raconte que cela peut aussi lui arriver à New York, explique que la crainte de se faire harcelée est amplifiée au Maroc où les rues sont souvent étroites et mal éclairées, notamment dans la médina. "Dans l'orientation du programme, ils nous ont dit que cela faisait partie de la culture, que c'est quelque chose qui doit être accepté", indique-t-elle. "Mais je pense que la ligne a été franchie."

LIRE AUSSI: Une lecture critique du projet de loi contre les violences faites aux femmes

Une autre raconte que des hommes la harcelaient ou la sifflaient régulièrement dans la rue, la suivant parfois jusqu'à chez elle. Elle a alors demandé de l'aide aux femmes de sa famille d'accueil. "Elles m'ont expliqué que ça leur arrivait aussi, et elle m'ont dit ce que je devais répondre en arabe pour dire aux hommes de dégager".

Le problème du harcèlement n'est pas propre au Maroc. Des étudiantes du même programme parties en Afrique du Sud, en Jordanie ou en République tchèque ont expliqué avoir subi aussi des agressions ou discriminations. "En Jordanie, le harcèlement sexuel était beaucoup plus important que ce à quoi je m'attendais... C'était vraiment lourd", explique l'une d'elles. "Les organisateurs de mon programme m'ont soutenue, mais ce n'est pas quelque chose à laquelle on m'avait préparée", regrette-t-elle.

Selon l’article 503-1 du code pénal, "est coupable d'harcèlement sexuel et puni de l'emprisonnement d'un an à deux ans et d'une amende de 5.000 à 50.000 dirhams, quiconque, en abusant de l'autorité qui lui confère ses fonctions, harcèle autrui en usant d'ordres, de menaces, de contraintes ou de tout autre moyen, dans le but d'obtenir des faveurs de nature sexuelle".

Selon le projet de loi contre les violences faites aux femmes adopté en mars, les personnes accusées de harcèlement dans l'espace public, seront, elles, punies d'un à six mois de prison, en plus d'une amende allant de 2.000 à 10.000 dirhams.

LIRE AUSSI:
Close
Les meilleurs et les pires pays pour les femmes selon le Forum économique Mondial
sur
Partager
Tweeter
PUBLICITÉ
Partager
fermer
Image affichée