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Maroc: La région du Nord, plus vulnérable aux changements climatiques?

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ENVIRONNEMENT- "La région de Tanger-Tétouan-Al Hoceima, de par ses prédispositions naturelles et ses atouts indéniables, fait partie des régions les plus vulnérables aux changements climatiques". C’est ce qu’a déclaré à la MAP le directeur général de l'Agence pour la promotion et le développement du Nord (APDN), Mounir El Bouyoussfi.

Selon ce dernier, cette vulnérabilité peut même devenir "un grave handicap" pour la région à cause des conséquences éventuelles des changements climatiques. La preuve selon le responsable: plusieurs "catastrophes naturelles" ont frappé la région ces dernières années.

Le DG de l’APDN a cité, entre autres, les crues torrentielles de Tétouan en 2010, les inondations de Tanger en 2008 et dans la plaine d'Oued Martil en 2000, ou encore les feux de forêts très fréquents à Tétouan, Chefchaouen et Tanger. Comment expliquer toutefois cette "vulnérabilité" d’un point de vue scientifique ?

Pour le comprendre, nous avons contacté un spécialiste du sujet: Mohammed-Saïd Karrouk, professeur de climatologie à l'université Hassan II à Casablanca. Celui qui est également membre du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC), n’est pas tout à fait du même avis.

L’erreur est humaine

S’il reconnaît la particularité climatique de la région, le professeur pointe plutôt du doigt "l’erreur humaine". "La région de Tanger-Tétouan-Al Hoceima subit les mêmes vulnérabilités que le reste du pays. Les impacts du changement climatique sur cette région pourraient toutefois influencer le reste du Maroc, principalement en termes de ressources en eau, de marché de l'emploi et des flux migratoires".

"Il faut souligner que les exemples de catastrophes présentés (par le DG de l’APDN) présentent des erreurs humaines à des niveaux très élevé, qui devraient dépasser les 50 à 60%, en raison de l'intervention de l'homme sur ces milieux sans le respect des normes naturelles (zones inondables), ni des normes d'urbanisme et d'aménagement de territoire, surtout depuis les sécheresses des années 80 et 90", explique le professeur.

La faute aux interventions anarchiques?

"Le changement climatique a instauré un nouveau cycle de l'eau qui devrait nuire aux infrastructures ordinaires, basées sur les normes naturelles de l'ancien climat, celui d'avant les années 2000. Ces infrastructures ne sont pas adaptées au nouveau climat, il faudrait les réhabiliter, a-t-il ajouté. Pour lui, ce sont plutôt les "interventions anarchiques des 30 dernières années qui représentent aujourd'hui le danger réel pour le Maroc".

Le Maroc, qui accueille en novembre prochain la 22e Conférence des parties à la convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (COP22) à Marrakech, est engagé plus que jamais en faveur du climat. Le royaume a d’ailleurs signé, lundi à Bonn, l’accord de siège marquant son engagement officiel pour l’organisation de COP22.

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