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Sonatrach et les Ressources en eau au centre de nouvelles affaires de corruption

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SNC LAVALIN
A pedestrian walks past the SNC-Lavalin Group Inc., headquarters in Montreal, May 7, 2009. SNC-Lavalin Group Inc reported a nearly 10 percent increase in first-quarter profit on Thursday, as the big Canadian engineering and construction company recorded larger gains from infrastructure concession investments such as toll roads. REUTERS/Christinne Muschi (CANADA BUSINESS) | Christinne Muschi / Reuters
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Les Panama Papers ne finissent pas de divulguer leurs secrets. Et l'Algérie est une nouvelle fois citée. Outre les 22 noms algériens divulgués dernièrement par l'ICIJ, d'autres pourraient bien être impliqués, notamment le ministère des Ressources en eaux et la compagnie pétrolière Sonatrach, encore une fois.

La société québécoise SNC Lavalin, spécialisée en ingénierie et construction, a remporté en Algérie des contrats de 4 milliards de dollars. Cette entreprise canadienne a fait appel à une agence commerciale du nom de Cadber Investments pour obtenir ces contrats, dont 6 entre 2000 et 2004, révèlent des documents publiés par Radio Canada.

Parmi ces contrats figurent celui de l'usine de traitement des eaux de Taksebt, d'une valeur de 750 millions de dollars pour construire et exploiter l'usine. Cette agence commercial, Cadber Invetments a aussi intercédé en 2000 un contrat à la faveur de SNC Lavalin pour la réalisation de la Station Boosting à Hassi R'mel. Le client, cité dans le document, n'est autre que Sonatrach.

Selon la même source, la firme québécoise a fait appel à Cadber Investments pour obtenir quelques contrats en Algérie. Cette agence, dont le propriétaire est inconnu, a intercédé à la faveur de SNC Lavalin 6 contrats différents, entre 2000 et 2004.

Cadber Investments aurait reçu 22 millions de dollars en honoraires, une somme versée à la succursale de la Banque Royale du Canada à Genève, en Suisse. La même source précise que SNC-Lavalin n'utilise plus d'agents commerciaux en Algérie depuis 2013.

Qui est cette agence ?

Cadber Investments, enregistrée dans les îles Vierges britanniques, a été créée par le cabinet panaméen Mossack Fonseca. L'un des actionnaires est ainsi inconnu, présenté sous le nom de The Bearer.

cadber

Les hauts dirigeants de SNC Lavalin International, qui ont pourtant signé ces conventions, ont affirmé ne pas connaître Cadber, rapporte ce mercredi 18 mai Radio Canada.

Michael Novak, retraité depuis 2013, a expliqué que son rôle se limitait à "assurer que toutes les clauses habituelles se trouvaient au contrat et ne vérifiait pas l'agent commercial qui était choisi par la division construction de la firme d'ingénierie".

Mêmes explications d'un certain Kamal Francis. "Les divisions trouvaient les agents; on leur faisait confiance, nous n'avions pas le choix", relaie la même source.

Raymond Leroux, ancien vice-président de la division Afrique de SNC-Lavalin et responsable des contrats en Algérie, ignore lui aussi qui est derrière cette agence. Il a indiqué à Radio Canada qu'il a été écarté durant ces années là.

"C'est moi chez SNC-Lavalin International qui était responsable du côté commercial de l'Algérie. Mais c'est une période un peu... où je ne maîtrisais pas la situation [...] dans ce temps-là, ce n'était plus SNC-Lavalin qui callait les coups, mais la division [construction] avec Raymond Fortin et Sami Bebawi".

Raymond Fortin habite maintenant au Maroc et les journalistes de ce média canadien n'ont pas pu le joindre. Quant à Sami Bebawi, un ex-vice-président à la division construction de SNC-Lavalin, il est de retour au Canada où il fait face à la justice pour fraude.

Le gros lot

Parmi les contrats que Cadber Investments a intercédé à SNC Lavalin figure celui de la réalisation d'une station de boosting à Hassi R'Mel, au profit de la compagnie nationale Sonatrach.

Le cabinet Mossack Fonseca a expédié le 18 juillet 2000 deux "originaux de la convention avec Cadber Investments S.A. relative au projet de Station Boosting de Hassi R'mel en Algérie".

Ces conventions, divulguées par Radio Canada, qui a tenu à masquer le nom du "représentant" de SNC Lavalin en Algérie, indiquent que les honoraires reçues par cette agence commerciale s'élèvent à 6.5 millions de dollars, dont "15% au démarre du projet, 20% après 12 mois, 55% après 24 mois et 10% à la réception provisoire".

Des informations censées rester secrètes, en vertu de l'article de non-divulgation détaillé dans la même convention, établie par Mossack Fonseca.

Rénovation de l'hôtel Aurassi

Outre les contrats empochés par SNC Lavalin dans le domaine des Eaux, Cadber Investments a aussi intercédé en 2000 le contrat de rénovation de l'hôtel El Aurassi.

Cette agence commerciale devait empocher 800.000 dollars canadiens si elle obtient un contrat égal ou supérieur à la soumission de la firme québécoise de 32 millions de dollars canadiens.

Quelques autres contrats

Cadber Investments a aussi intercédé d'autres contrats durant la période susnommée, notamment dans le secteur des Ressources en eaux.

En 2002, une convention commune, publiée encore par Radio Canada, SNC Lavalin devait payer des honoraires estimés à 1 million de dollars si son "représentant" obtiendrait le contrat de la réalisation "des travaux du système des transferts d'AEP à partir des barrages de GHRIB, Bouroumi et Boukourdane".

Par la suite, un autre contrat pour la "réalisation des travaux d'AEP et d'AEI de la ville de Skikda et de la zone industrielle ainsi que l'interconnexion des barrages de Zit Emba, Guenitra en Algérie" a été obtenu par le même représentant. Celui-ci devait obtenir une rémunération équivalente à 5% de la valeur contractuelle, qui n'a pas été divulguée.

A cette période, Salim Saadi (2000), Aissa Abdelaoui (2001) et Abdelmadjid Attar (2003) étaient les ministres des Ressources en eaux, sous le gouvernement de Benflis.

SNC Lavalin avait obtenu des contrats "douteux" en 2005 pour la construction de la centrale électrique de Hadjret Ennous, près d'Alger pour un montant de 826 millions de dollars.

Selon El Watan, ce contrat avait été obtenu par Farid Bedjaoui et facilité par Chakib Khelil, cités également dans les Panama Papers, outre les autres scandales de corruption.

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