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L'artiste photographe Mizo, dévoile "Future antérieure" l'expo-photo singulière et personnelle

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À la fois grisante et énigmatique, l’expo-photo "Futur Antérieure" de l’artiste photographe plasticien Hamza Ait Mekideche dit Mizo, s’apparente à une invitation à admirer des œuvres très esthétiques à l’aune de son talent.

C’est très onirique, profond mais que veut-il exprimer ? s'interrogent les personnes venues admirer les clichés de la nouvelle série de Mizo, exposées au centre culturel français jusqu’au 21 juin.

Il ne livrera pas pour autant tous les messages qu’il dissimule. En parcourant le tour de la galerie, Mizo confie "Mes travaux c’est du conceptuel, que j’accompagne toujours avec la technique et l’esthétique".

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En effet il met en scène les costumes traditionnels Algériens révélant son intérêt pour ses racines, mais pas seulement.

Son travail se dévoile en deux temps distincts. Au départ il invite le spectateur à découvrir le monde glamour de la mode. La seconde partie est plus personnelle on découvre l'engagement derrière l'œuvre et on cerne en partie l'artiste qui ne se contente pas de prendre des photos.

Comme cette pièce de l’expo où l’on voit une jeune femme portant la tenue traditionnelle tlemcenienne «Chedda»,et une chemise imprimée avec l'illustration Mickey et le chapeau «Chéchia» sur laquelle sont collés des pins’s "Smiley" et "Peace and Love" sont certainement des signes ludiques mais intuitifs.


"Mis à part l’usage du kitch, à travers cette série j’instaure un langage visuel. Cette série me dévoile, je suis un fervent admirateur des traditions mais je suis blasé de la sacralisation de celles-ci. J’estime que note société dérive vers tout ce qui est superflu. La pratique de la tradition est devenu hélas une manière de se montrer", dira-t-il.

"Future Antérieure" est sa treizième exposition, après "Il était une fois, le Hayek d'antan" en 2013 et "UN CON SCIENT" exposée à la galerie Sirius de Télémly qui a pris fin le 25 avril.

Portrait

Aucune distinction n'est à faire entre l'artiste et le personnage. D'une modestie désarmante il dédie sa réussite à ses parents qui lui ont appris la valeur des choses.

Sur son parcours il ne s'attardera pas mais sur sa passion il en parle comme une interminable aventure.

Très jeune il est attiré par les films classiques en noir et blanc ensuite les magazines."Quand j’étais petit je flânais devant la vitrine du studio Merazi à Didouche. Ces grands tirages des portraits de gens célèbrent me fascinaient", se souvient-il.

En 2003 il décide de se lancer dans la photographie. Il s'inscrit à l’institut Média News. Il en sort un an après majeur de promo. Il dira que ce fut une année intense où il a appris la photographie argentique.

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Pour ce jeune artiste l'apprentissage de la photo n'est pas le vrai challenge. "Dans ce domaine, l'enjeu est d'aiguiller son travail vers un terrain personnel. Il fallait donc que je trouve ce que je voulais photographier", confie Mizo.

Il se donne 5 ans d'expérimentation pendant lesquelles il engrangera un grand nombre de photos argentiques jusqu’à trouver sa voie.

Mizo était déjà porté sur le portrait, il voulait raconter l'histoire des gens, parfois les siennes à travers ces visages. En 2008 il décide de se lancer à son compte et crée son studio "Mizo Arts" dédié à l'art la mode et la publicité

Mais la photo de mode, il l'entend autrement. "ce qui m'importe dans la photo de mode et la technique et non pas l'industrie de la mode". Il ajoute "ce qui m’importe est la charge patrimoniale portée par la tenue et je dois ensuite l'insérer dans un contexte", précise-t-il.

Des œuvres à l'esthétisme trompeur

Les œuvres de Mizo plongent les visiteurs dans un univers parfait. Son travail photographique privilégie la sophistication, la beauté et la grâce. Mais il n’est pas dépourvu de sens. Son travail est guidé par un sens aigu de l’observation et la série "UN CON SCIENT" l’illustre parfaitement.

"IN CON SCIENT" est une série de portraits, où l’on voit plusieurs jeunes hommes et femmes aux yeux bandés, il travaille ces clichés avec de la peinture noir pour accentuer la violence et le rejet qu'il exprime à travers ces portraits. "L’ignorance, l’inconscient, le chao,la virtualité, tous ces malaises ressortent à travers des portraits à la beauté intrinsèque", raconte-il.

Avec "UN CON SCIENT", il dévoile aussi une nouvelle technique de travail. "Le passage de l’argentique au numérique a été très décevant pour moi. la chaîne, les étapes et les procédés de réalisation de photos argentiques, restent uniques. il fallait donc que je remédie à cela ".

Cet artiste a donc décidé de réaliser ses photos, faire son tirage et travailler sur ses tirages avec ses propres médiums notamment en utilisant la peinture.

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La démarche photographique de Mizo se veut engagée et parfois nostalgique d’une époque révolue. À travers sa série "Kan ya makan, hayek z’man", il était une fois le haïk d’antan, il questionne la société sur la disparition de cet habit traditionnel porteur de plusieurs codes de notre société.

"Vous remarquerez tous mes travaux représentent l’Algérianité. Je prends l’exemple de la série el-haïk qui dévoile des femmes drapées de ce voile blanc,j'ai pris el-haïk comme substitut pour représenter notre identité et j'ajoute des éléments de modernité pour dénoncer la perte d'une partie de cette identité ".

Les photos de Mizo, ont pris le chemin de l’étranger, il a exposé au USA au Canada et en grande Bretagne. "toutes mes expositions sont et seront d'abord offertes au public Algérien avant d'aller rencontrer un public étranger" précise Mizo.

Plusieurs projets sont en cours, ce jeune artiste à l’ambition débordante n’a pas fini d’étonner. Il dira enfin que selon sa conception, "l’art de la photographie est une façon d’être une perception unique à travers un regard individuel utilisant un outil universel".

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