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Tunisie: Rania, bisexuelle dans une Tunisie qui criminalise l'homosexualité

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BISEXAULIT
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HOMOSEXUALITÉ - Elle a une vingtaine d'années, les cheveux longs, enjolivée par un maquillage fin et discret. Parée par une robe ornée de dentelle, la jeune femme prépare son mariage "J'aime beaucoup cet homme", elle aime bien aussi les femmes: "un peu plus les hommes", lance t-elle avec le sourire.

Rania veut bien témoigner de sa bisexualité mais sous couvert d’anonymat: "Le sujet demeure tabou, l'homosexualité est rejetée, incomprise, encore plus l'homosexualité féminine".

La jeune femme ne fait pas partie de ceux qui affichent publiquement leur orientation sexuelle "parce que ça ne regarde personne, la sexualité doit demeurer de l'ordre de l'intime. On n'a pas à être fière ou à en rougir, qui couche avec qui et comment, ça ne doit intéresser personne".

Rania avance une autre motivation de sa discrétion: sa méfiance d’être casée comme lesbienne uniquement: "les gens ont tendance à ranger les personnes dans des catégories,'voilà la lesbienne, voilà le mec gay' pour ne pas dire voilà le PD, voilà la pute".

"Le pire, c'est que ce sont des mots prononcés par des gens pseudo modernistes" déplore t-elle.

La bisexualité, une découverte, "par hasard"

La jeune femme raconte sa première histoire avec une femme avec un ton attendri. Elle peine à trouver les mots, à expliquer "car c'est inexplicable", confie-t-elle. "C'était une attirance mutuelle, ce n'est nullement une attirance physique au départ. On ne se connaissait pas avant, toutes les deux avions été 'hétéro' et jamais eu une telle relation. On a sympathisé mais on n'a pas échangé nos numéros."

Rania raconte une anecdote à ce sujet: "je n’arrêtais pas de penser à elle...j'ai essayé de la trouver sur Facebook, je l'ai trouvée. Une immense joie. Alors que j'allais lui envoyer une demande d'ajout, mon téléphone sonne, c'était elle, elle aussi me cherchait, elle a contacté une amie en commun pour avoir mon numéro".

Le jour même, les deux jeunes femmes se revoient.

"On n'osait pas passer à l'acte, on était hésitante, chacune avait peur de la réaction de l'autre. Le premier baiser était volé, suivi d'un rire gêné...puis c'était sensuel et intense, un jeu plaisant".

Quel genre de rapports physiques ou sexuels vous entretenez avec votre partenaire? Parvenez vous à jouir? Qu'est-ce qui vous excite? des questions que se posent certains sur l'homosexualité féminine.

"Fantasmée par les mecs surtout ceux influencés par la pornographie, l'homosexualité demeure incomprise, appréhendée par certains, notamment les hommes. Certains craignent que leurs copines les remplacent par une fille...pourtant c'est totalement différent, incomparable. Une fille ne remplace pas un homme et vice versa. Mon désir vers l'une et l'autre est différent, unique et intact."

Rania dit avoir découvert sa bisexualité "par hasard", elle se rend compte que certaines femmes l'attire, ravivent son désir. Elle n’enchaîne pas des relations car "je ne suis pas attirée par toutes les femmes évidemment, uniquement quelques-unes quand le feeling est là, sans passer la plupart du temps à l'acte...".

La jeune femme s’apprête à se marier et n'a pas l'intention de parler de sa bisexualité avec son futur mari: "Je l'ai fait une fois, l'homme en question a fait mine de me comprendre, d'en rire même mais en fait ce n'était pas le cas. Cette confidence a été l'une des causes de notre rupture."

"La discrétion est ma devise qu'elle soit une relation avec un homme ou encore plus avec une femme. Je déteste l'impudicité et l'ostentatoire, mon intimité n'est pas une chose à étaler publiquement" finit-elle par conclure.

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