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Dans un entretien au quotidien français Le Monde, Rebrab affirme qu"il paie les conséquences de sa liberté"

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En conflit ouvert avec les autorités depuis qu’il a racheté le quotidien El Khabar, l'homme d'affaires Isaad Rebrab confie au journal français Le Monde ce qu’il pense de l’action introduite par le gouvernement et les intentions de ceux qui l’ont instruite.

Des raisons qui l’ont poussé à racheter El Khabar, Isaad rebrab affirme que ce sont «les journalistes et les actionnaires qui nous ont sollicités parce qu’ils étaient en difficulté, étant donné que certains cercles du pouvoir leur ont coupé la publicité des organismes publics".

Précisant que El Khabar, "est un journal indépendant", Rebrab, affirme que le groupe lui a "demandé d’entrer dans le capital du journal pour sauver ses emplois, mais aussi son indépendance. Etant donné que je suis un entrepreneur citoyen, j’ai répondu favorablement. Sauver près de 500 emplois et défendre toutes les libertés dans le sens le plus large et en particulier la liberté d’expression est à mon sens un devoir citoyen. Moi-même, en tant que personne, j’ai investi dans le journal Liberté dans les moments les plus difficiles des années 1990 pour promouvoir la démocratie, la liberté d’expression et la liberté d’entreprendre ".

Sur le pourquoi de la procédure judiciaire entamée pour l’annulation de la transaction, Rebrab affirme ne pas comprendre les motivations du gouvernement. "Nous avons respecté scrupuleusement les lois et la réglementation algériennes concernant cette acquisition. L’acte a été approuvé, non seulement par nos juristes, mais aussi par le notaire qui a enregistré la vente : s’il y avait eu un problème juridique, il n’aurait pas pu réaliser l’acte, encore moins le publier. Du point de vue du droit, nous sommes sereins. Si la justice est réellement appliquée, nous n’avons aucun problème. Si elle est instrumentalisée, c’est une autre affaire…", soutient-il.

Il ajoutera, dans le même sillage, "j’en comprends, qu’on veut en réalité limiter la liberté d’expression, la liberté de la presse, comme on a aussi limité la liberté d’entreprendre. Je suis un électron libre, un homme indépendant, et je pense que je paye les conséquences de ma liberté".

A la question de savoir si "les entraves dans la presse, dans les affaires, sont-elles dues aux prises de position contre le quatrième mandat du président Bouteflika ?" Rebranb a été très clair. "Je ne me suis jamais immiscé dans la question du quatrième mandat. Mon inquiétude, c’est surtout le développement économique de l’Algérie. Nous ne sommes pas les seuls à être ainsi freinés. Les investisseurs qui veulent investir en Algérie et qui ne sont pas proches du pouvoir en souffrent aussi. Je n’arrive pas à m’expliquer cela. Ce sont des questions que tout le monde se pose. Personne ne comprend ce freinage".

Interrogé si le Président Bouteflika exerçait le pouvoir, Rebrab répond qu’il lit "comme tout le monde ce qu’écrit la presse, mais je ne suis pas dans le sérail pour l’infirmer ou le confirmer".

Ramenant la discussion sur un terrain régionaliste, le journaliste lui demande d'expliquer ses déclarations selon lesquelles les décideurs n’étaient pas prêts à laisser un Kabyle accéder au sommet…Une question que Rebrab interprétera autrement que ce qui a déjà été rapporté dans la presse nationale.

"Ce n’est pas tout à fait cela. D’ailleurs, le directeur de cabinet de la présidence de la République est un Kabyle. Et dans le domaine économique, il y a des Kabyles, tel que le président du Forum des chefs d’entreprises, qui sont dans le sérail. Ce n’est pas un problème de régionalisme, c’est plutôt une affaire de soumission : le pouvoir n’aime pas et ne supporte pas les hommes indépendants et libres".

Évoquant le sens réel de ses déclarations alors, Rebrab dira "je suis un électron libre, un homme indépendant, et je pense que je paye les conséquences de ma liberté".

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