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Tunisie: Rached Ghannouchi dément sa rupture avec la congrégation des Frères musulmans

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POLITIQUE- Rached Ghannouchi, leader du parti Ennahdha, nie avoir envoyé une lettre à la congrégation internationale des Frères musulmans, en avril dernier, annonçant une imminente rupture entre le parti islamiste tunisien et l'organisation.

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Dans Ladite lettre a été publiée par le journal palestinien "Al Hayet Jadida", le président d'Ennahdha aurait insisté sur sa "tunisification" de l'islam, parlant de l'impossibilité d'instaurer une "Oumma"islamique sans un nationalisme islamique à l'échelle de chaque nation de la région.

Rached Ghannouchi aurait pesté, selon cette correspondance, contre l'alliance des Frères musulmans avec des groupes terroristes dans certains pays comme l'Egypte ou l'Iraq, "une alliance dévastatrice et sanguinaire". il aurait invité la congrégation à une remise en cause afin de pallier à ses erreurs. La lettre s'achève par l'annonce de la suspension d'Ennahdha de sa participation aux différentes réunions des Frères musulmans.

Cette lettre aurait pu constituer un revirement majeur dans les rapports du parti islamiste tunisien avec les Frères musulmans et enchanter ceux qui souhaitent une "tunisifiacation" exclusive du parti mais Rached Ghannouchi en veut autrement.

Le rapport entre Ennahdha et les Frères musulmans est révélateur du degré d'évolution du parti islamiste à l'approche de son congrès. Une telle rupture aurait pu sonner le glas de l'enchevêtrement entre politique et religion, le socle idéologique de la confrérie.


Vers quel projet se dirige Ennahdha?

D'autant plus que cette affaire intervient alors qu' Ennahdha a annoncé son intention de séparer le politique et le religieux. Non le parti ne revêt pas désormais un caractère civil: "c'est une séparation organique entre l'activité politique et l'activité de prédication", précise Jalel Werghi, membre du conseil de la Choura du parti. Et d'ajouter: "Nous sommes un parti dynamique qui s'adapte aux changements, nous aspirons à travers cette mesure nous conformer à la Constitution tunisienne."

Ennahdha reconnait-elle de facto qu'elle associait l'activité politique et la prédication avec ce que cela entraîne comme instrumentalisation de la religion à des fins politiques?

Si l'essentiel est cette capacité d'évolution comme insistait Jalel Werghi alors qu'en est-il du présent et du futur du parti? Au delà des discours, Ennahdha demeure fidèle à son passé, à son positionnement sur certaines questions de société relevées récemment comme la dépénalisation de l'homosexualité ou encore l'égalité dans héritage qu'elle refuse catégoriquement.

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