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Le baril retrouve des couleurs et lorgne la barre des 50 dollars

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OIL REFINERY
A general view shows the Total Grandpuits oil refinery and petrol depot southeast of Paris, France, February 29, 2016. REUTERS/Christian Hartmann | Christian Hartmann / Reuters
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Le pétrole entame aujourd’hui lundi une semaine cruciale, qui pourrait l’amener à franchir la barre symbolique des 50 dollars, alors que les signaux contradictoires, perceptibles ces derniers jours, n’arrivaient pas à freiner la hausse régulière des prix enregistrée depuis 90 jours, presque sans interruption.

Le baril de brut a terminé la semaine sur une belle note, se maintenant au-dessus de la barre des 45 dollars, malgré les pressions signalées ces derniers jours. A New York, il était cédé à 46.38 dollars, alors que le Brent de la mer du Nord atteignait un nouveau pic, frôlant les 48 dollars, pour finir à 47.89 dollars.

Même si le baril n’a pas encore atteint la moitié de sa valeur d’il y a deux ans, lorsqu’il était au-dessus de 100 dollars, il a réussi à monter de plus de 50% par rapport à son plus bas, enregistré durant les semaines les plus noires de l’année, quand il était passé sous le seuil des 30 dollars, entre le 20 janvier et le 11 février.

Plus significatif encore, à l’exception de la dernière semaine de mars et des premiers jours d’avril, lorsque les prix s’étaient de nouveau orientés vers la baisse, le pétrole poursuit une remontée, peu spectaculaire mais régulière, depuis la mi-février, soit un trimestre complet. Cette évolution a ramené les prix au niveau de novembre 2015.

Des pronostics trop alarmistes

Cette hausse contraste avec les analyses alarmistes, qui mettent en avant des éléments supposés pousser les prix à la baisse. Ainsi, les informations sur l’économie chinoise à elles seules auraient, en d’autres temps, plombé le baril. Le gouvernement chinois a annoncé que la production industrielle avait ralenti bien plus fortement que prévu en avril, réalisant une croissance 6% seulement, contre 6.8% en mars. Les exportations chinoises ont aussi baissé en avril, la production minière a décliné, alors que des pans entiers de l'industrie, comme la sidérurgie, sont menacés, à cause de surcapacités.

Des incidents ponctuels ont aussi favorisé la hausse des prix durant les semaines écoulées, comme une grève du secteur pétrolier au Koweït, les feux qui ont paralysé la production dans l’Alberta, au Canda, ou encore la menace de grève cette semaine au Nigéria. Dans ce pays, premier producteur d’Afrique, les menaces de lancer une grève générale à partir de mercredi si le prix de l’essence, porté à 145 nairas (0,73 dollar) par une décision gouvernementale, n’est pas ramené à 86,5 nairas (0,43 dollar).

Une hausse des prix qui est un appel aux investissements

Ces incidents ne devraient cependant pas avoir une portée significative, du moment que le marché connaît toujours une offre nettement supérieure à la demande. Selon une note de l’OPEP, cette surproduction est toujours d’un million de barils par jour et ne devrait pas disparaitre dans l’immédiat. Ce qui laisse supposer que les inquiétudes sont ailleurs : elles sont dans le moyen terme, avec déjà une menace de sous-investissement qui devrait fortement altérer le marché en 2017.

L’OPEP envisage d’ailleurs un retournement du marché en 2017, avec un « déficit net ». Deux raisons principales à cela : la baisse sensible des investissements, notamment aux Etats-Unis, où le pétrole de schiste est devenu non rentable, d’une part, et, d’autre part, une baisse de la production envisagée dans des pays non OPEP.

La hausse des prix apparaît ainsi comme un appel aux investissements, nécessaires pour le moyen terme. A moins que des décisions non économiques interviennent pour changer la donne. Ces décisions ne peuvent toutefois venir que de pays à fort potentiel, comme l’Arabie Saoudite, l’Iran ou l’Irak.

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