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Hong Kong scelle des pavés à la colle par peur de débordements pendant la visite du N°3 chinois

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HONG KONG
Avant la visite du N°3 chinois, Hong Kong scelle ses pavés à la colle | AFP
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INTERNATIONAL - Les autorités ont scellé à la colle des pavés dans le centre de Hong Kong, selon toute vraisemblance pour éviter qu'ils ne soient utilisés comme projectiles par des manifestants lors d'une visite d'un haut responsable chinois dans l'ancienne colonie britannique.

Ces mesures de sécurité, qui comprennent aussi l'installation de barricades, sont prises alors que les craintes de voir Pékin durcir sa mainmise s'intensifient dans le territoire que la Chine a récupéré en 1997.

Lors d'affrontements avec la police en février, des manifestants, aux premiers rangs desquels des membres de la mouvance dite "localiste" qui réclame davantage d'autonomie pour Hong Kong, avaient descellé des pavés pour les jeter sur les forces de l'ordre.

Les services de la voirie ont déversé de la colle dans les jointures des pavés sur les trottoirs autour du centre de conférences où Zhang Dejiang, le numéro trois du pouvoir communiste chinois, doit prononcer un discours mercredi. Les services de la voirie ont expliqué ces travaux par le fait que les pavés pourraient être "sujets à des actes de vandalisme".

"On se croirait en Corée du Nord"

La police chinoise vient d'arrêter un Hongkongais ayant des relations avec l'opposition pro-démocratie de l'ancienne colonie britannique car il était soupçonné d’avoir voulu acheter un drone pour perturber la visite de Zhang, selon les médias officiels chinois.

Zhang, président de l'Assemblée nationale populaire (ANP, Parlement chinois) et chargé des affaires hongkongaises, est le plus haut responsable chinois à se rendre à Hong Kong depuis quatre ans. Sa visite est considérée comme une tentative pour apaiser les tensions. Le dignitaire chinois doit rencontrer notamment des députés pro-démocratie.

Les mesures de sécurité, en particulier une zone interdite aux manifestations autour du centre de conférences, irritent certains militants pro-démocratie. "Éloigner les manifestants, c'est ridicule. On se croirait en Corée du Nord", dit Sham Tsz-kit, membre du Front civil des droits de l'Homme. "Zhang Dejiang vient pour comprendre la situation à Hong Kong mais sa vue sera complètement obstruée".

"Un pays, deux systèmes"

La police explique qu'elle a pris des "mesures contre-terroristes. Les menaces pour la sécurité sont plus fortes que par le passé, les militants sont devenus plus violents", dit une source policière.

Les frustrations sont grandes à Hong Kong depuis l'échec du mouvement de masse en faveur de la démocratie de l'automne 2014. Celui-ci avait été largement pacifique mais depuis, certains disent qu'ils useront de la violence pour obtenir du changement.

Aux termes de la déclaration sino-britannique de 1984 sur la rétrocession de Hong Kong, le territoire bénéficie d'une "large autonomie" et du principe "un pays, deux systèmes".

Hong Kong jouit théoriquement jusqu'en 2047 de libertés inconnues ailleurs en Chine. Les angoisses ont été exacerbées par ce qui est perçu comme l'ingérence croissante de Pékin dans les affaires locales, y compris la disparition de cinq libraires qui ont refait surface ensuite en Chine.

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