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"Colors of Gnaoua", la dernière exposition de Hassan Hajjaj se dévoile à Essaouira (PHOTOS)

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EXPOSITION - C'est un Hassan Hajjaj très engagé et touchant que le HuffPost Maroc a rencontré lors du vernissage de sa dernière exposition à Dar Loubane à Essaouira, vendredi 13 mai. Coïncidant avec le festival d'Essaouira, "Colors of Gnaoua" est avant tout un travail de documentation pour préserver la mémoire de la culture gnaouie, au delà de sa portée artistique. L'artiste contemporain nous raconte sa première rencontre avec la culture gnaoua et son souhait d'en faire un patrimoine reconnu.

Quel a été votre premier contact avec la culture gnaoua?

Pendant mon enfance à Larache, une maâlma habitait en face de chez nous. Elle faisait souvent des lilas (veillées, ndlr) gnaouies. C'est là que j'ai découvert la culture gnaoua. Ma mère préparait les repas pour la cérémonie mais s'en allait avant que cela ne commence parce que les lilas lui faisaient peur. Une fois à Londres, je cherchais de nouvelles musiques à écouter, et c'est là que je me suis mis à m'intéresser à la capoeira (danse et art martial afro-brésilien, ndlr). De retour au Maroc, j'ai remarqué les similitudes avec la musique gnaoua, et c'est là que mon intérêt pour la musique gnaoua a grandi, je voulais faire quelque chose pour cette culture. Et là, j'ai rencontré Marouane, avec qui j'ai fait ce projet.

Comment avez-vous fait pour choisir les profils que vous avez photographiés?

On a rencontré beaucoup de maâlems que Marouane connaît. Au final, nous avons pris en photo la plupart des maâlems gnaoui des différentes régions du Maroc. Nous avons travaillé sur ce projet pendant deux ans où nous avons fait beaucoup de rencontres. Nous avons également pris en photo les apprentis maâlems. Une fois la phase de shooting achevée, nous avons pensé à une finalité pour ce projet. Nous souhaitions qu'il serve la cause gnaoua. Et c'est là que nous avons pensé à exposer les photos réalisées et à inviter les artistes photographiés u festival d'Essaouira.

Quel a été le but derrière cette exposition?

Nous avons voulu revaloriser les maâlems gnaoua. Nous souhaitons qu'ils aient leurs droits et que l'on se souvienne d'eux. Plusieurs maâlems sont morts depuis le photoshoot, parfois dans la précarité et l'oubli. Nous voulons faire revivre cette culture dans sa forme la plus brute, non à travers des fusions comme on le fait régulièrement aujourd'hui. Ces gens ont formé les artistes reconnus aujourd'hui, comme Hamid El Kasri ou le maâlem Bakbou. C'est eux qui ont créé la génération gnaoua actuelle. Nous leur devons au moins ça. Le travail qui a été fait est artistique, mais c'est avant tout un travail de documentation. Dans trente ou quarante ans, je veux que leurs petits enfants gardent ces photos, qui sont témoins d'une époque. D'ailleurs, après l'exposition, tous les maâlems vont récupérer leurs portraits.

  • Youssef Roudaby/HuffPost Maroc
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