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Egypte: deux ans de prison pour 51 manifestants anti-Sissi

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MANIFS EGYPTE
Manifestation au Caire le 25 avril 2016 dénonçant la rétrocession de deux îles inhabitées de la Mer rouge à l'Arabie saoudite | AFP
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Un tribunal égyptien a condamné samedi 51 manifestants à deux ans de prison pour des rassemblements dénonçant la rétrocession de deux îles inhabitées de la Mer rouge à l'Arabie saoudite, ont indiqué des responsables judiciaires et des avocats.

Des ONG de défense des droits de l'Homme accusent le président Abdel Fattah al-Sissi de diriger un régime ultra-autoritaire et répressif depuis qu'il a destitué en 2013 son prédécesseur islamiste démocratiquement élu, Mohamed Morsi.

Le 25 avril, jour férié commémorant la restitution du Sinaï par Israël en 1982, plusieurs mouvements laïcs et de gauche avaient appelé à manifester contre la politique répressive du gouvernement, prenant prétexte de la rétrocession controversée des îles de Tiran et Sanafir.

Leurs rassemblements avaient été rapidement dispersés à coup de gaz lacrymogènes par la police, qui avait procédé à des dizaines d'arrestations.

Samedi, 51 personnes ont été condamnées à deux ans de prison par un tribunal du Caire pour avoir participé à ces manifestations dans le centre de la capitale, ont indiqué des responsables de la sécurité et de la justice.

Ils étaient jugés pour "manifestation sans permis" et "attroupement", ont précisé ces responsables.

Selon des avocats de la défense, 33 condamnés sont en détention. Ils peuvent interjeter appel.

A l'extérieur du tribunal, qui se tient dans une Académie de police dans la banlieue du Caire, les proches des condamnés ont laissé éclater leur tristesse. "Je veux savoir pourquoi mon fils a écopé de deux ans", a lancé un père de famille, en pleurs.

Hossam al-Khadrawy et Ahmed Abdel Latif, deux avocats de la défense qui on assisté à l'audience -fermée à la presse-, ont confirmé le verdict, précisant qu'ils allaient faire appel pour leurs clients.

Depuis la vague de critiques déclenchée par la rétrocession des deux îles, les autorités égyptiennes ont interpellées plusieurs opposants, notamment deux journalistes et un célèbre avocat, les accusant d'avoir incité à manifester contre le gouvernement.

En 2013, policiers et soldats avaient tué plus de 1.400 manifestants réclamant le retour de M. Morsi. Des dizaines de milliers de personnes ont été emprisonnées depuis, selon des ONG, et des centaines, dont M. Morsi, condamnées à mort dans des procès de masse expéditifs.

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