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Tunisie- Justice transitionnelle: Après Slim Chiboub et Sakher Materi, est-ce le tour de Ben Ali?

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BEN ALI TUNISIA
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JUSTICE TRANSITIONNELLE- Le président déchu Zine El Abidine Ben Ali serait-il prêt à revenir en Tunisie et sous quelles conditions?
Le contexte général esquisse une telle éventualité?

Mounir Ben Salha, avocat de Ben Ali, a déclaré à la radio Kelma, le 13 mai, qu'il s'est entretenu avec le président de Ennahdha Rached Ghannouchi à propos du retour Ben Ali. "Ghannouchi m'a dit que n'aura que de bonnes nouvelles", a-t-il révélé.

On en parle beaucoup dans les médias locaux ces derniers temps, notamment après l'accord d’arbitrage et de réconciliation de Slim Chiboub, gendre de Ben Ali et ancien président de l’Espérance Sportive de Tunis, avec le chargé du contentieux de l’Etat le 5 mail. Chiboub s’engage ainsi de se soumettre à la loi de la justice transitionnelle sous l’égide de l’Instance Vérité et Dignité (IVD).

Quelques jours avant, on a assisté au retour sur la scène médiatique de Sakher El Matri, gendre de Ben Ali avec son interview au journal Al Cheraa Al Magharibi, dont l’audio a été diffusé, mercredi 27 avril 2016 sur les réseaux sociaux. Il s'est dit prêt à revenir au pays si des conditions favorables ont été requises.

On évoque aussi un éventuel accord de Saida Agrebi, ancienne présidente de l’association tunisienne des mères, avec l'IVD. Elle aurait présenté, via son avocat, une demande de réconciliation avec l’Etat, à l’IVD, rapporte la radio Mosaique FM, le 11 mai

Côté IVD on abonde dans ce sens: Khaled Krichi, président de la Commission d’arbitrage et de réconciliation de l’Instance Vérité et Dignité a révélé que d’autres noms connus et influents dans les domaines politique et économique ont déposé leur dossier qui seront bientôt examinés par l’Instance.

Tergiversations politiques

Saida Garrach, Conseillère du président de la République chargée de la société civile, a indiqué à la TAP que la situation socioéconomique ne peut plus durer, estimant que la réconciliation est un choix stratégique pour faire prévaloir l‘intérêt supérieur de la patrie.

Le président du mouvement Ennahdha, Rached Ghannouchi a, de son côté, annoncé l’initiative de la "réconciliation globale", qui "rejoint celle du chef de l’Etat", a-t-il déclaré à la presse récemment.

A ce propos, le dirigeant du mouvement, Ajmi Lourimi, a défini l’initiative de document politique pour la réconciliation nationale qui sera présenté au cours du prochain congrès du parti.

Réunie le 5 mai, la coordination des partis au pouvoir a souligné la nécessité de hâter l’adoption du projet de loi sur la réconciliation économique pour impulser l’investissement.

Ennahdha a été chargé d’élaborer un avant-projet de la "réconciliation globale" proposée par Rached Ghannouchi qui sera discuté ensuite par les membres de la coordination.

Et les déclarations des leaders du parti se multiplient dans ce sens, ainsi le député du mouvement Ennahdha et ancien ministre de l’Agriculture Mohamed Ben Salem a affirmé dans une déclaration, à Africanmanager, le jeudi 12 mai 2016, que le mouvement Ennahdha n’exclue pas une réconciliation entre l’Etat et les symboles de l’ancien régime y compris le président déchu Ben Ali.

Samir Dilou, député de Ennahdha, a déclaré sur la radio Shems Fm, le 10 mai, Ben Ali pourra bénéficier de la loi de justice transitoire s’il le voulait. Il suffit qu’il rentre en Tunisie et qu’il dépose un dossier auprès de l’IVD. Il aurait également la possibilité de contester les décisions de justice prononcées contre lui.

Critiquant le rendement de l’IVD, le Front populaire a déclaré à la TAP que la réconciliation doit avoir lieu dans le cadre de la justice transitionnelle, conformément aux dispositions de la Constitution.

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Pour Hamma Hammami, porte-parole du FP, les propositions de la Présidence de la République et d’Ennahdha sur la réconciliation, est un "arrangement politique"avec les symboles de l’ancien régime pour tirer profit de leur expertise en termes d’oppression du peuple et de l’opposition.

Il est à noter que le Front a proposé un projet de "salut", en réaction au rapprochement Ennahdha-Nidaa. Pour la formation politique, la justice transitionnelle doit passer, impérativement, par le jugement des coupables et la révélation des dossiers des assassinats politiques.

Quant à Ben Ali lui même , il refuse catégoriquement de suivre les pas de son gendre Slim Chiboub, avec un accord avec l'IVD. La justice ordinaire n'est pas non plus pour lui suffisamment indépendante pour le juger, arguant que les jugements contre lui sont à caractère politique et pris sous la pression de la rue, dans un contexte politique houleux", a-t-il confié à son avocat Mounir Ben Salha.


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