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La profession de sage-femme mieux encadrée au Maroc

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SAGE FEMME
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MÉDECINE - Au Maroc, les sages-femmes sont autorisées à ouvrir leurs propres cabinets. Les modalités de l’ouverture n’étaient, cependant, pas bien précisées dans la loi régissant le secteur jusqu’ici. Aujourd’hui, un nouveau texte législatif, encadrant davantage l’exercice de cette profession, vient d’être voté.

Il a été adopté mercredi, en deuxième lecture, par la commission des secteurs sociaux à la Chambre des représentants.

Le projet de loi en question apporte une nouvelle “définition du métier, du lieu de travail, des actes et de la prescription en cours, ainsi que du rôle de la sage-femme dans le domaine de la santé reproductive“, nous explique Najat Baloui, co-fondatrice de l’Association nationale des sages-femmes au Maroc.

Le projet de loi précise, entre autres, les lieux d'exercice autorisés pour la profession sous la forme libérale. Selon l’article 5 du texte, la profession de sage-femme peut être exercée dans le secteur privé, soit sous la forme libérale à titre individuel, en commun, ou dans le cadre du salariat.

"La grossesse n’est pas une maladie"

Pour ce qui est du titre libéral, "la profession de sage-femme est exercée dans le secteur privé, dans un local professionnel qui peut être soit un cabinet de sage-femme, soit une maison de naissance", détaille l’article 12 du même texte.

Jusqu’ici, les sages-femmes pouvaient bel et bien exercer leur métier à titre libéral. Cela n’était toutefois pas très bien expliqué dans la loi. Aujourd’hui, c’est le cas. "C’est une excellente chose", se réjouit Zouhair Lahna, chirurgien obstétricien, ancien chef de clinique des Universités de Paris VII et membre de Médecins Sans Frontières, contacté ce vendredi par le HuffPost Maroc.

"Cela va permettre aux femmes enceintes d’être suivies à moindre coût. La grossesse n’est pas une maladie, c’est un état que la sage-femme est à mon sens plus apte à suivre", estime le spécialiste. Pour lui, cette nouvelle loi va permettre de "démocratiser le suivi de la femme enceinte, notamment pour la classe populaire", qui n’a souvent pas les moyens d’aller voir un spécialiste pour les accouchements. "Mieux vaut avoir un suivi par une sage-femme, que d’avoir zéro suivi", ajoute Zouhair Lahna.

Réduire le taux des mortalités maternelles

Le docteur Chafik Chraïbi, professeur de gynécologie obstétrique au Maroc, est du même avis. "C'est une très bonne chose. Ce texte va soulager la sage-femme qui est une technicienne de l'accouchement. C'est tout a fait normal qu'elle puisse ouvrir son propre cabinet dans un cadre bien réglementé", explique-t-il.

"Cela va contribuer à réduire le taux des mortalités maternelles ainsi que des accouchements faits à domicile, à condition bien sûr qu'elles soient bien formées et qu'elle sachent détecter les anomalies pour pouvoir les déléguer à un spécialiste", ajoute le docteur, également à la tête de l'Association marocaine de lutte contre l'avortement clandestin (AMLAC). "Cela permettra aussi de réduire les coûts liés aux accouchements".

Sous contrôle

L'ouverture d'un cabinet de sage-femme est, toutefois, "subordonnée à un contrôle effectué par l'administration, qui s'assure de sa conformité aux normes d'hygiène, de sécurité et de salubrité, ainsi qu'aux normes d'équipement nécessaires pour y accomplir les actes de la profession, fixées par voie réglementaire".

"Ce contrôle est effectué dans un délai de 60 jours suivant la date du dépôt de la demande formulée par la candidate à l'exercice de la profession de sage-femme", précise le texte de loi. Si le local est conforme à ces normes, l'administration délivre à la sage-femme concernée l'autorisation d'exercer. Dans le cas contraire, elle l'invite à se conformer auxdites normes.

La loi prévoit également des sanctions à l'encontre des personnes qui exercent la profession de sage-femme dans l’illégalité, notamment pour celles qui n’ont pas les diplômes requis. Ces dernières risquent des peines allant d’un mois à deux ans de prison, des amendes comprises entre 5.000 et 20.000 dirhams, ainsi que une interdiction d’exercer pour une durée de 2 ans (maximum).

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