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Quand porter une barbe est une présomption de culpabilité: La mésaventure vécue par Bassem Bouguerra et ses employés dans les locaux de sa startup

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POLICE TUNISIA
Photo d'illustration | KENZO TRIBOUILLARD/AFP/Getty Images
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En ces temps de lutte contre le terrorisme, il ne fait pas bon porter une barbe en Tunisie. C'est du moins la leçon qu'a retenu Bassem Bouguerra et ses employés après une descente de police dans les locaux de sa startup, vendredi 13 mai.

Alors qu'il était dans les locaux de sa startup, un policier en civil vient l'informer que des voisins ont porté plainte car il y avait des barbus qui entraient dans les locaux. "Il voulait entrer, j'ai refusé" a affirmé Bassem Bouguerra au HuffPost Tunisie. Le policier en question l'informe qu'il reviendra avec le commissaire.

Le délit? Porter une barbe

Un peu plus tard, 7 policiers en civil reviennent à la charge accompagnés du commissaire affirme t-il. "Ils voulaient rentrer dans les locaux parce que des personnes 'barbues' s'y trouvaient" explique Bassem Bouguerra. "J'emploie 4 ingénieurs portant une barbe, je leur ai dit que ce n'était pas parce qu'ils portaient une barbe qu'ils étaient dangereux" indique t-il.

Connaissant ses droits, il leur demande une autorisation du procureur de la République, "mais ils n'en avaient pas".

Après plusieurs minutes de discussions, il leur concède le droit d'entrer. "J'ai laissé tomber mes droits" affirme t-il avant d'ajouter "J'ai eu peur, je n'avais pas envie de passer une nouvelle nuit au poste. Je n'avais pas envie qu'on me colle un 'outrage à un agent public' ".

"En rentrant dans la salle, j'ai demandé à un de mes ingénieurs de donner sa carte d'identité mais le policier rétorqua 'non pas lui, il n'a pas l'air d'un salafiste' " affirme Bassem Bouguerra

Face au comique de la situation, un élan de solidarité se créé entre les employés "qui ont tous demandé à ce que leur identité soit vérifiée".

Selon Bassem Bouguerra, il n'est pas le seul à qui ce genre de mésaventure est arrivée: "A la suite de la publication de mon statut Facebook, j'ai été surpris d'apprendre qu'un de mes collègues a connu exactement la même mésaventure. A priori c'est fréquent" conclue t-il.

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