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Les associations de défense des droits de l'enfant s'insurgent contre la loi sur le travail des "petites bonnes"

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PETITES BONNES
Le cri d'alarme du Collectif pour l'éradication du travail des "petites bonnes" | Tdh/Odile Meylan
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SOCIÉTÉ - La pilule ne passe pas. Suite à l'adoption du projet de loi sur le travail des "petites bonnes", lundi 9 mai, qui entérine la légalisation du travail domestique à partir de 16 ans, cinquante associations de défense des droits de l'enfant et des droits humains s'insurgent.

Regroupées sous le Collectif pour l'éradication du travail des "petites bonnes", ces associations ont lancé une pétition demandant aux parlementaires, "lors du vote en plénière qui est la prochaine étape de ce processus, de prendre leurs responsabilités, de positionner leur décision dans le cadre des principes de notre Constitution et des Conventions internationales ratifiées par notre pays, de prendre en compte les avis du CNDH, du CESE, de l'UNICEF... et ceux des experts scientifiques", indiquent-elles dans un communiqué.

"Nous sommes absolument scandalisés par cette disposition qui condamne les destins de plusieurs enfants marocains et qui brise des milliers de rêves pour une vie meilleure", estime le collectif. "Chaque enfant a le droit de jouir de tous ses droits et c'est le devoir de l'Etat de les lui garantir et de le protéger".

"Nous sommes à un moment historique pour notre pays et pour les milliers de petites filles dont les enfances sont volées et qui sont condamnées par les autres (dont leurs propres parents et tous ceux qui les emploient à demeure) à une vie de souffrance due à l'abandon, à la charge d'un travail pénible, à l'éloignement de leur environnement y compris familial, aux violences subies, à la privation de leurs droits et en premier l'éducation, la protection, la participation, le développement, la santé", indique encore le collectif.

Reporté à maintes reprises, le projet de loi sur le travail des "petites bonnes" a cristallisé les divergences, et a été au coeur d'un bras de fer entre le de la justice et du développement (PJD), des parlementaires progressistes de la majorité, ainsi que les groupes de l'opposition.

L'un des principaux désaccords concernait l'âge minimum du travail domestique. Tandis que l'opposition, ainsi que des parlementaires de la majorité, du Parti du progrès et du socialisme (PPS) notamment, souhaitaient le relever à 18 ans, le PJD, lui, l'a abaissé à 16 ans. Et c'est le camp des 16 ans qui l'a finalement emporté.

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