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"Petites bonnes": Benabdellah s'explique sur le vote de la loi (VIDÉO)

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LÉGISLATION - Fait assez rare dans la scène politique marocaine pour être signalé, le secrétaire général du Parti du progrès et du socialisme (PPS) et ministre de l'Habitat Nabil Benabdellah a pris l'initiative de révéler les tractations et les contraintes qui ont précédé le vote du projet de loi sur les travailleuses et les travailleurs domestiques, communément appelées "petites bonnes", dans une vidéo diffusée par son parti. Le secrétaire général du PPS s'est aussi expliqué sur les raisons qui ont poussé son parti à parrainer cette loi.

"Dans la première version du projet de loi, l'âge (minimum du travail domestique ndlr) était de 15 ans", explique Nabil Benabdellah. "Nous considérions qu'il fallait le relever à 18 ans, et nous sommes allées dans ce sens."

Seulement, le PPS s'est "heurté à l'opposition d'une frange de la majorité gouvernementale, mais aussi de l'opposition. D'autres ont carrément remis en question l'utilité de cette loi, et ont avancé qu'elle créera des problèmes et des tensions dans les familles", ajoute Benabdellah.

Après avoir "défendu les 18 ans au gouvernement, sans parvenir à un résultat, nous les avons défendus au parlement. Là encore, notre proposition a été rejetée", se désole le secrétaire général du PPS, qui dénonce le fait que "l'opposition défendait l'âge de 16 ans au début, avant de se dédire et d'opter pour les 18 ans, pour des raisons politiciennes."

"À la fin, nous nous sommes demandés s'il fallait faire passer cette loi avec les acquis qu'elle apporte (des dispositions imposant aux employeurs, entre autres, de se charger d'un examen médical semestriel en faveur des travailleurs mineurs; d'interdire le travail de nuit; de ne pas les soumettre à des travaux éprouvants; de disposer, d'abord, d'une autorisation écrite des tuteurs les autorisant à travailler), ou garder le vide juridique qui prévaut aujourd'hui, et qui ouvre la voie à l'exploitation, à la maltraitance, à la violence, à l'exploitation sexuelle parfois, et nombre de non-dits de notre société. Nous avons donc décidé de défendre cette loi", explique Benabdellah.

Suite à cela, le parti a proposé d'accepter 16 ans comme âge minimum du travail domestique, à condition, toutefois, de mettre en place "une période transitoire, à l'issue de laquelle l'âge de 18 ans sera imposé. On nous a refusé cela, mais nous militons pour obtenir la mise en place d'une période transitoire lors de la séance plénière" durant laquelle le projet de loi sera adopté par la Chambre des représentants, et qui aura vraisemblablement lieu mardi prochain.

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