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Rencontre avec Alec Monopoly, star mondiale du street-art (VIDÉO)

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ART - Quatre ans après son exposition à la Galerie 38 de Casablanca, Alec Monopoly est, depuis, devenu une star mondiale du street-art. Toujours coiffé d'un chapeau haut-de-forme et le visage recouvert d'un masque pour préserver son anonymat, le street artiste est de retour dans la ville blanche pour exposer à nouveau ses œuvres au public de la Galerie 38.

Sa notoriété, Alec Monopoly la doit au personnage du même nom. Mr. Monopoly, petit banquier à l'allure débonnaire qui a vu des générations entières de famille se déchirer autour de lui à cause d'un mauvais lancer de dés. C'est cette mascotte que l'artiste américain met en scène depuis qu'il s'est lancé dans le street-art. "Je faisais mes graffitis à New-York. Cette ville a été une grande source d'inspiration. Chaque gosse là-bas a son propre tag". Le sien ? Alec.

Crise des subprimes

En 2008, il délaisse la grosse pomme pour la Californie. "C'est à ce moment que ma carrière de street artiste a décollé." Une période qui correspond à celle des débuts de la crise financière. Crise des subprimes, saisies immobilières en séries, les institutions bancaires de Wall-Street touchées une à une, l'arrestation de l'escroc financier Bernard Madoff... Le monde de la finance se montre sous son jour le plus sombre et le plus menaçant. Ce qui a trouvé un écho dans les œuvres d'Alec

"C'était pour moi un moyen de m'exprimer sur ce qui se passait." Très vite, son travail se fait remarquer sur le net par les aficionados du street-art. "Les gens sur le net ont commencé à m'appeler Alec Monopoly."

Depuis, il a dessiné le banquier sous toutes ses formes et dans toutes les situations. Crucifié à une croix où est écrit Wall Street, en train de faire de la gymnastique avec des sacs remplis d'argent... Ses œuvres riches et colorées utilisent avec humour la figure de ce personnage que tout le monde connaît.

Picsou, Richie Rich...

Entre-temps, Alec Monopoly s'est tourné vers d'autres icônes de la culture populaire pour les mettre en scène sur ses toiles. Picsou, Richie Rich... Ils apparaissent toujours un grand sourire aux lèvres et de l'oseille plein les mains. Cette omniprésence de l'argent se ressent même dans les fonds qu'Alec Monopoly utilise pour ses toiles. Pour les œuvres qui seront mises en vente lors de l'exposition, il a utilisé des coupures de journaux marocains. "Je ne comprends pas trop le français, mais j'ai pris des articles qui parlaient d'économie."

Aujourd'hui, la signature d'Alec se vend cher. Certaines stars américaines, comme Miley Cyrus, Adrien Brody ou Robert De Niro ont acheté ses œuvres. Et l'artiste lui même l'avoue, la symbolique de son travail a changé avec ce succès: "Aujourd'hui, le Mr. Monopoly est plus devenu un symbole de prospérité. La façon dont je vis ma vie a complètement changé. J'ai en quelque sorte était absorbé par le Mr. Monopoly. Je vis désormais à Beverly Hills et je conduis une Rolls Royce".

"Peindre dans la rue reste ma vraie passion"

Son rapport à la peinture a également évolué. "J'étais dingue quand j'étais jeune. Je faisais mes graffitis sur les trains, les immeubles. Aujourd'hui, je travaille dans des endroits où j'ai des autorisations. Ce qui me permet de travailler pendant des heures et faire une belle oeuvre."

Mr. Monopoly se serait-il assagi avec le temps? Pas vraiment à vrai dire. "Je reste un addict du graffiti. J'ai toujours cette envie en moi d'en faire un rapidement quand j'en ai l'occasion. Peindre dans la rue reste ma vraie passion."

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