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Les Panama Papers désormais (en partie) accessibles au public

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Les Panama Papers désormais (en partie) accessibles au public | AFP
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ECONOMIE - Chose promise, chose due. Les Panama Papers, à l'origine d'un retentissant scandale d'évasion fiscale mondial, ont été partiellement mis en ligne lundi 9 mai sur le site du Consortium international des journalistes d'investigation (ICIJ), comme cela avait été annoncé le 27 avril dernier.

Une base de données contenant quelque 214.000 noms d'entreprises et de particuliers est désormais accessible en ligne pour le grand public, sur la base des 11,5 millions de documents du cabinet panaméen Mossack Fonseca, qui ont révélé l'usage massif de sociétés-écrans à des fins d'évasion fiscale. Les visiteurs peuvent effectuer leurs recherche par pays ou par juridiction abritant des sociétés offshore, de "Hong Kong en passant par le Nevada aux Etats-Unis".

"Les gens vont trouver des noms importants"

Mais comme l'explique Le Monde, cette base de données n'est que partielle car "l’ICIJ et ses 109 partenaires [...] ne souhaitent pas les publier [l'intégralité des documents], pour d’évidentes raisons de respect de la vie privée – elles contiennent des adresses, des correspondances privées, des transactions financières, des passeports". "Ne seront divulgués que le registre interne des quelque 214 000 structures offshore administrées par Mossack Fonseca entre 1977 et 2015 et les métadonnées associées à chacune d’entre elles", prévenait aussi le quotidien sur son site.

"C'est un cheminement naturel vers la transparence pour permettre à la société civile d'obtenir les informations de base sur les Panama Papers", expliquait dans un entretien à l'AFP Gerard Ryle, le directeur de l'ICIJ qui a fait éclater le scandale. Cette mise en ligne, que le cabinet Mossack Fonseca menace de contester en justice, répond d'ailleurs à un double objectif: faire oeuvre de transparence mais également lever de nouveaux lièvres.

"Les gens vont trouver des noms importants que nous avons ratés. Ils pourront contacter l'ICIJ et nous transmettre des tuyaux", affirme Gerard Ryle, ancien journaliste d'investigation en Australie et en Irlande.

Révélations fracassantes

L'organisation, basée à Washington, en a fait l'expérience après avoir mis en ligne des bases de données sur les précédents scandales des "Offshore Leaks" et des "LuxLeaks", sur des accords fiscaux secrets entre les multinationales et le Luxembourg. Plus de 500 "tuyaux" étaient alors parvenus à l'ICIJ, conduisant, pour certains, à de nouvelles révélations, affirme Gerard Ryle.

L'enjeu est de taille: maintenir l'élan qui est né après les premières révélations parues dans plus de 100 journaux à travers le monde début avril. Les Panama Papers ont éclaboussé des chefs d'Etat en Argentine, Ukraine et Russie mais également des stars du football (Lionel Messi) ou du cinéma (Pedro Almodovar), soulevant une onde de choc qui a contraint la communauté internationale à passer à l'action.

Mi-avril, les grandes puissances du G20 ont promis de dresser une nouvelles liste noire des paradis fiscaux non-coopératifs en l'assortissant de sanctions, et de tenter de lever le voile sur le secret entourant les sociétés offshore. Plus récemment, jeudi, les Etats-Unis ont annoncé une série de mesures visant à mieux contrer les techniques d'évasion fiscale et de blanchiment d'argent via les sociétés-écrans, dont les Panama Papers ont révélé l'utilisation à grande échelle.

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