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Tunisie: Le patrimoine oral perdure aux Journées du Fdaoui à Sousse

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ART- Le pays de Abdelaziz El Aroui et ses contes dominicaux traditionnels à succès perpétue cette tradition orale à travers l'organisation chaque année des Journées Fdaoui à la ville de Sousse en présence de beaucoup d'acteurs et dramaturges tunisiens comme Slah Msadek, Dalila Meftahi ou encore Hatem Bourial.

Rendez-vous culturel incontournable, les Journées du Fdaoui à Sousse qui en sont à leur 16ème édition, se dérouleront du 6 au 15 mai dans le Ribat. Organisées par l'Association des amis du livre et de la bibliothèque de Sousse et la Bibliothèque régionale de Sousse avec l’appui de la Délégation régionale à la Culture, les journées mettent en valeur la richesse de ce patrimoine oral.

Au programme, des conteurs et musiciens traditionnels seront réunis au sein du monument historique le Ribat.

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Le HuffPost Tunisie a rencontré l'un des participants aux Journées Fdaoui, le dramaturge et acteur Alaeddin Ayoub.

"Cette tradition orale est bien ancrée en Tunisie. Rappelons-nous des contes de nos grands mères. Des histoires qui servaient d'outils pédagogiques et à travers lesquelles on véhiculait des valeurs, un savoir-vivre. Une manière aussi de renforcer les liens parents et enfants, surtout pour les grands parents vieillissants et parfois ne pouvant plus entretenir des activités. Ils ne leur restaient que cet outil pour communiquer avec leurs enfants et garder une 'certaine utilité' dans la famille", a-t-il-expliqué.

Alaeddin Ayoub a commencé à s'intéresser au 'fdaoui' grâce aux histoires de grands mères: "Etant professeur, j'ai demandé à chacun de mes élèves de transcrire un conte de sa grand-mère. Au final, on les a rassemblés dans un manuscrit. Un exercice qui a beaucoup plu aux élèves".

Pour lui, le charme du 'fdaoui' réside dans les messages implicites véhiculés et les textes troués qui sollicitent l'imaginaire de l'auditeur car "cet art est basé essentiellement sur l'audition et pas sur le vidéo; ça n'empêche pas le travail sur la mise en scène. Il faut aussi être un bon acteur, jouer sur les tonalités de la voix, le regard, la gestuelle afin de pouvoir maintenir le suspense".

Ayant fait des recherches sur la tradition orale en Tunisie, il affirme qu'elle a gagné en visibilité avec Abdelaziz El Aroui mais qu'elle existait depuis des centaines d'années. "Les conteurs se déplaçaient à l'époque à travers les villes, c'était leur métier. Ils allaient là où il y avait des rassemblements, commençaient à raconter leurs contes. Quand le suspense était à son apogée, ils faisaient mine de devoir s'en aller, les gens insistaient alors pour qu'ils terminent l'histoire en lui offrant de l'argent en guise d'incitation".

Alaeddin Ayoub souligne que cette tradition était un moyen de divertir, bien antérieur au développement de l'audio-visuel et surtout des nouvelles technologies: "Même en famille, les contes de grands mères servaient à divertir, maintenant les enfants ne communiquent plus, fixés comme leurs parents sur leur smartphones!"

L'acteur est pourtant optimiste quant à l'essor de cet art: "L'art fdaoui est de plus en plus valorisé. Outre les journées de Sousse, beaucoup de centres culturels à travers le pays organisent des événements semblables. Lors des Journées théâtrales de Carthage, des spectacles ont été dédiés à l'art fdaoui", conclut-il.

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