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Les licences d'importation ont déstabilisé le marché des véhicules en Algérie

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Photo DZMotions.com
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La mise en place des licences d’importation de véhicules a complètement déstabilisé le marché des véhicules en Algérie. Pénurie, rétrécissement des choix, disparition de nombreux modèles, hausse des prix, incertitude sur le marché de l’emploi : rien n’a été épargné à un secteur qui avait connu l’euphorie en 2012, avant d’amorcer un repli prononcé depuis.

La mise en place de ces licences - qui seront délivrées dès demain à 40 concessionnaires pour un quota maximum de 15.000 véhicules chacun - a été longue et laborieuse.

Annoncé puis lancé par l’ancien ministre du Commerce, Amara Benyounès, le système des licences s’est révélé un casse-tête juridique et commercial. La démarche était d’autant plus complexe que les concessionnaires automobiles sont devenus un véritable lobby, avec leurs importations qui frôlaient les dix milliards de dollars en 2012.


Restrictions

Le gouvernement a décidé de mettre en place le système de licences pour freiner des importations ayant atteint un niveau insupportable pour les capacités du pays. C’était devenu le premier chapitre des importations, loin devant les médicaments et les céréales.

L’actuel ministre du Commerce, Bakhti Belaïb, a hérité d’un dossier épineux, qu’il a traité avec toute la lenteur nécessaire, en vue de ralentir les importations. "C’est comme si le gouvernement voulait un premier semestre 2016 nul en termes d’importation de véhicules", note un observateur de l’économie algérienne.

Les effets ne se sont pas fait attendre. Les stocks de véhicules ont progressivement baissé, pour fondre complètement chez certains concessionnaires. Le choix de modèles s’est considérablement rétréci. Les délais de livraison se sont allongés, alors que de nombreux concessionnaires ne prennent plus de commandes sur certains modèles.

Les ventes en deuxième main ont repris : des clients préfèrent acheter, en payant un peu plus, un véhicule disponible immédiatement plutôt que d’attendre de longues semaines, voire des mois, pour un véhicule neuf.

Une hausse des prix favorisée par la dépréciation du dinar

Les prix des véhicules ont également flambé. La hausse a été favorisée par la dépréciation du dinar, avec comme résultat un renchérissement des véhicules de 25 à 35%. Le marché de l’occasion, très prisé, a subi lui aussi les conséquences de cette situation : un véhicule acheté en 2014 à 1,2 millions de dinars a été revendu en avril à 1,4 million de dinars, après avoir roulé pendant deux années!

Pour le gouvernement, toutefois, le résultat est mitigé sur un plan strictement budgétaire. Certes, les importations ont été divisées par deux par rapport à 2015 et par quatre par rapport à 2012, année de tous les records (560.000 véhicules), mais les recettes fiscales et douanières ont dangereusement baissé.

Il faudra du temps pour savoir si le risque en valait la peine : le gouvernement espère, en effet, que ces restrictions vont inciter au lancement de nouveaux projets de montage de véhicules et que cela favorisera la naissance d’une industrie automobile dans le pays.

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