Huffpost Algeria mg

L'hommage à Chafia Boudraâ : Lla Aïni, l'actrice qui fait partie de la grande famille des Algériens

Publication: Mis à jour:
CHAFIA BOUDRAA
Director Rachid Bouchareb (2nd L) arrives on the red carpet with cast members Chafia Boudraa (C), Sami Bouajila (3rd R), Jamel Debbouze (2nd R) and Roschdy Zem for the screening of the film Hors La Loi (Outside the Law) in competition at the 63rd Cannes Film Festival May 21, 2010. Nineteen films are competing for the prestigious Palme d'Or which will be awarded on May 23. REUTERS/Yves Herman (FRANCE - Tags: ENTERTAINMENT) | Yves Herman / Reuters
Imprimer

Un hommage émouvant et mérité a été rendu dimanche à l’actrice Chafia Boudraâ par le théâtre régional Kateb Yacine de Tizi Ouzou. Un grand moment d’émotion pour cette figure marquante du cinéma algérien qui a déclaré, en guise de remerciement, avoir «rajeuni de 20 ans ».

"Je suis très chanceuse d’avoir eu droit à une telle distinction. Je suis ravie et honorée d’être parmi vous sur cette terre qui a enfanté des femmes et des hommes qui se sont sacrifiés pour l’indépendance de l’Algérie".

Depuis le feuilleton Al-Hariq (l’incendie) adapté du roman de Mohamed Dib qui a tenu en haleine les Algériens dans le milieu des années 70, l’actrice Chafia Boudraâ a eu de nombreux rôles où elle a étalé sa classe et son art, mais elle reste pour beaucoup Lla Aïni: un personnage exceptionnel, attachant qui lui ressemble, et qui, pour de nombreux Algériens, fait partie de la famille.

Beaucoup ont d’ailleurs été émus en septembre 2015 d’apprendre son hospitalisation à la suite d’une blessure à la tête due à une chute. Et beaucoup ont été soulagés de savoir que contrairement à la rumeur relayée par des médias son état s’était amélioré.

A 86 ans, malgré le poids de l’âge et les ennuis de santé, Lla Aïni est venue à Tizi Ouzou. Elle y a parlé du 8 mai 45, elle a dit son respect aux chouhada.

"Ce matin le wali de Tizi Ouzou m’a donné la gerbe de fleurs que j'ai déposé au niveau du cimetière des martyrs de M’douha à leur mémoire (chouhada des massacres du 8 mai 1945). Il n’y a pas plus grand cadeau que vous pouvez me faire, je suis émue"

.

La directrice de la culture, Nabila Goumeziane a qualifié l’actrice de "mère de tous les Algériens, une comédienne infatigable aux interprétations majestueuses, connue pour son amour pour sa patrie et sa contribution dans la transmission de l’histoire et de la culture algérienne". Des acteurs étaient également présents pour rendre hommage à Chafia Boudraâ "un symbole de professionnalisme et de la maîtrise dans l’interprétation de ses rôles".

Née à Constantine le 22 avril 1930, l’actrice, de son vrai nom Atika Latrèche, est femme de chahid. Son mari est tombé au champ d’honneur en 1961. Après l’indépendance elle s’est installée à Alger avec ses cinq enfants et a fait ses premiers ses premiers pas dans le domaine du cinéma et du théâtre radiophonique.

Sa maîtrise exceptionnelle est révélée dans le feuilleton "L’incendie" (Al-Hariq) et "La grande maison" (Dar Sbitar) de Mustapha Badie. Des rôles marquants même si elle en aura d’autres où elle donne le meilleur de son talent.

"Leila et les autres", "Une femme pour mon fils", "Le thé à la menthe", "Le cri des hommes", "Mel Bladi". Sans oublier les "Hors-la loi" de Rachid Bouchareb pour lequel Lla Aïni fera la montée des montée des marches de Cannes en 2010.

Retrouvez les articles de HuffPost Algérie sur notre page Facebook.

Pour suivre les dernières actualités en direct, cliquez ici.