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Le travailliste Sadiq Khan devient le premier maire musulman de Londres

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SADIQ KHAN
Toby Melville / Reuters
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Le député Sadiq Khan, membre de l'opposition travailliste britannique, a été élu maire de Londres, devenant le premier maire musulman d'une grande capitale occidentale.

Fils d'un immigré pakistanais conducteur d'autobus, M. Khan, 45 ans, a battu son principal rival, le conservateur Zac Goldsmith, 41 ans, fils du milliardaire Jimmy Goldsmith, avec 57% des suffrages, obtenant 1.310.143 voix contre 994.614 pour M. Goldsmith, selon le résultat définitif annoncé officiellement dans la nuit de vendredi à samedi.

M. Khan, ancien avocat des droits de l'Homme, a remporté l'élection au terme d'une campagne âpre où il s'est vu accusé par ses adversaires, et même par le Premier ministre conservateur David Cameron, de liens avec des extrémistes islamistes - ce qu'il a nié.

"Cette élection ne s'est pas passée sans polémiques, et je suis fier de voir que Londres a choisi aujourd'hui l'espoir plutôt que la peur, l'unité plutôt que la division", a déclaré M. Khan après l'annonce des résultats au City Hall, l'hôtel de ville de la capitale, sous les applaudissements et les acclamations de ses sympathisants.

"La peur ne nous apporte pas plus de sécurité, elle ne nous rend que plus faibles, et la politique de la peur n'est tout simplement pas la bienvenue dans notre ville", a-t-il ajouté.

Pendant qu'il s'exprimait, le candidat du parti d'extrême droite Britain First, Paul Golding, qui était aligné derrière lui avec les autres candidats, lui a tourné le dos.

Le chef du Labour, Jeremy Corbyn, a salué l'élection du candidat travailliste. "Félicitations @SadiqKhan. Je suis impatient de travailler avec toi pour faire de Londres une ville équitable pour tous!", a-t-il déclaré sur Twitter.

Député de Tooting, un quartier populaire du sud de Londres, M. Khan succède à la mairie de la capitale à l'excentrique conservateur Boris Johnson, un partisan d'une sortie de la Grande-Bretagne de l'Union européenne à qui l'on prête l'ambition de devenir Premier ministre.

Ancien ministre, père de deux filles, M. Khan a promis de répondre aux problèmes les plus criants de la capitale, dont la population a augmenté de 900.0000 habitants en huit ans pour atteindre 8,6 millions: logements inabordables, transports saturés et pollution.

Son élection, souligne l'expert Tony Travers, de la London School of Economics (LSE), est un "remarquable signe du cosmopolitisme" de Londres, "ville monde" dont 30% de la population est non blanche.

- 'Fiers' -

A Tooting, l'annonce de la victoire de M. Khan suscitait des réactions enthousiastes de la part d'habitants.

"Nous sommes contents et fiers", a déclaré à l'AFP Malik Ahmed, 32 ans, employé au restaurant Lahore Karahi, une des adresses favorites de M. Khan.

A l'étranger, les maires de plusieurs grandes villes ont félicité M. Khan, exprimant le souhait de travailler au plus vite avec lui.

"Félicitations au nouveau maire de Londres et compagnon d'armes sur la question des logements abordables", a dit le maire de New York, Bill de Blasio, sur Twitter.

Le Royaume-Uni tout entier a également découvert vendredi les résultats d'une myriade de scrutins locaux et régionaux qui se sont tenus la veille, à valeur de test pour le Labour, principal parti d'opposition au gouvernement conservateur de David Cameron.

- Le Labour s'effondre en Ecosse -

En Ecosse, le parti indépendantiste (SNP) s'est offert une victoire en demi-teinte en décrochant 63 sièges sur les 129 du parlement régional, soit moins bien que les 69 obtenus en 2011.

Le SNP ne sera pas donc en mesure de former un gouvernement majoritaire face aux conservateurs qui engrangent 16 sièges de mieux qu'en 2011, avec 31 élus.

Ce léger recul pourrait refroidir les revendications indépendantistes du SNP, à moins que le Royaume-Uni ne vote pour une sortie de l'Union européenne lors du référendum sur cette question le 23 juin.

S'exprimant à ce propos, la dirigeante du SNP, Nicola Sturgeon, a déclaré que son parti "plaiderait toujours sa cause avec passion, mais aussi patience et respect", soulignant que son objectif était de "persuader et pas de diviser".

Le Labour écossais perd 13 sièges, à 24 élus. Les travaillistes s'en sortent mieux au Pays de Galles, en décrochant 29 sièges sur 60, un résultat suffisant pour se maintenir au pouvoir.

Le Labour ne semble pas avoir fait "aussi bien qu'il aurait dû un an après les élections" législatives de mai 2015, soulignait Iain Begg, de la LSE.

Le parti anti-UE et anti-immigration Ukip a obtenu, lui, son premier siège à l'assemblée écossaise et deux à Londres.

Le bilan de ces élections sera étudié de près par une fraction du parti travailliste, qui cherche une occasion de remettre en cause l'autorité de Jeremy Corbyn, n'ayant pas digéré son élection à la tête du parti en septembre et l'estimant incapable de mener les travaillistes à la victoire aux élections législatives de 2020.

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