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Le 4e mandat pèse sur le présent et l'avenir des médias algériens

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Journée de la liberté de la presse le 3 mai oblige, le Café presse politique (CPP) de Radio M. du 4 mai dernier a été consacré aux médias : leur liberté, leurs difficultés et leur hypothétique renouveau.

Des questionnements d’une actualité criante au moment où le ministère de la Communication a décidé de partir en guerre contre les médias libres, comme l’a relevé la présentatrice, Souhila Benali, en début d’émission.

Et en premier lieu contre le groupe média El Khabar dont le rachat par l’homme d’affaire Isaad Rebrab est mal perçu par le ministère de la Communication qui a déposé une requête pour faire annuler la transaction.

"El Khabar vit une pression depuis 2008 mais maintenant il s’agit de la survie d’une entreprise et de centaines de salariés qui risquent de perdre leur emploi", a commenté Mohamed Iouanoughene, journaliste d’El Khabar, en ouverture d’émission, précisant que le journal reste "un des derniers remparts de la presse indépendante née avec la loi de 1990".

La fin du "modèle Hamrouche"

Car c’est bien le modèle tout entier de la loi du gouvernement Mouloud Hamrouche, ayant permis aux journalistes de devenir propriétaires de leur journal, qui est en train de mourir, a relevé Ihsane El Kadi, directeur de l’agence Interface Médias, éditrice du site électronique Maghreb Emergent. "Nous sommes à la fin d’une période et il faut se demander comment affronter l’avenir ?", a-t-il commenté.

Une projection partagée par Abed Charef, journaliste indépendant, qui estime que ce que fait le gouvernement, c’est au-dessous de zéro. "Il n’y a même pas besoin de le commenter, moi j’ai envie de parler d’aujourd’hui : quelles sont les luttes et les enjeux de la presse et quelles perspectives s’offrent à elle ?"

Blocage politique

Mais en l’absence de changement politique, comment réussir à changer le modèle de la presse ? "Les médias algériens sont en train de rater le virage numérique car le gouvernement n’a pas pris les mesures technico-électroniques nécessaires", a souligné Abed Charef : "Au lieu de cela, il nous parle d’éthique et de déontologie, un débat que nous avons tranché dans les années 1980."

"On est d’accord pour dire que ça se passe au niveau de la volonté politique des autorités », a poursuivi Ihsane El Kadi. « L’Etat ne craint pas le monopole, il veut garder le monopole !", a précisé Saïd Djaafer, directeur éditorial du Huffington Post Algérie, qui a rappelé la "situation absurde" dans laquelle se trouve l’Algérie avec 138 quotidiens.

De nouveaux modèles à inventer

Face à cette situation, les médias se retrouvent bien démunis. "L’on arrive à une situation où la presse est complétement déconnectée de ses abonnés", a mis en évidence Akram Kherief, fondateur du site Secret dif3a. "J’ai beau avoir 100.000 abonnés par mois, je n’ai aucun moyen de vivre de ça car il n’existe aucun moyen de paiement en ligne".

"C’est dans les médias numériques, que l’on va réinventer nos métiers !", a renchéri Ihsane El Kadi, en privilégiant "le modèle payant qui nous rend libres, car nous ne rendons de comptes qu’aux abonnés".

"En fait, on en revient toujours au 4e mandat qui a figé l’évolution du pays, en donnant une prolongation à des luttes et combats inutiles", a conclu Abed Charef : "Si le verrou saute, ces problèmes tombent d’eux-mêmes."

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