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Tunisie: "Les rêves perdus de Leyla", le nouveau roman de Mohamed Harmel

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LITTÉRATURE- Après son premier roman "Sculpteur de Masques", le voilà Mohamed Harmel, jeune écrivain tunisien, récidive dans le grand enchantement de ses lecteurs avec "Les rêves perdus de Leyla", qui a obtenu le prix spécial du Jury 2016 au concours littéraire Comar d'or.

"Les rêves perdus de Leyla" dresse, à travers ses personnages, une réalité dominée par les tabous religieux, politiques, par le dépérissement des idéologies marxistes ou nationalistes arabes au profit de l'islamisme, par une crise de modèle de société, par l'épuisement des rêves collectifs par une "machine broyeuse de Rêves", lance Mohemed Harmel.

De quelle machine? "celle fondée sur un système politico-religieux et économique qui restreint le champs des possibles, qui nous case, nous dresse, nous formate".

Ce système qui noie l'individu dans la masse, aplatit la créativité, l'originalité pour faire, de lui, un chiffre insignifiant inondé par la masse, le troupeau.

"Il n'y a qu'à se pencher sur le système éducatif, l'orientation universitaire où les sciences humaines sont marginalisées où tout le monde afflue vers les filières scientifiques croyant que c'est l'unique chemin de la réussite. Au nom de ce conformisme, on tue la diversité, la richesse. Finalement c'est devenu une machine à fabriquer des sosies. Chaque discipline s'est repliée sur elle-même, se considérant comme auto-suffisante. L'absence de ponts entre les sciences et les sciences humaines a forgé 'des coquilles vides', une machine incapable de donner le sens, à penser le monde".

Mohamed Harmel est un contre-exemple de ce système. Architecte de formation, il est également étudiant en deuxième année mastère en philosophie. Un double cursus "complémentaire" dit-il. Lui qui avait une très mauvaise note en philosophie en année de baccalauréat: "Comme beaucoup de lycéens, c'était pour moi plus comme un coefficient et un faible coefficient pour ma filière scientifique qu'un savoir. A l'époque je suis passé à côté".

Sa rencontre avec la philosophie a eu lieu avec un ouvrage de Nietzsche et, depuis, ils sont devenus inséparables. Pour approfondir ce lien, il choisit de suivre une formation académique et pourquoi pas, envisager une orientation vers l'enseignement, confie-t-il.

Un style unique à l'image du personnage

Une écriture recherchée, ornementée, un style imagé, brodé d'images et de métaphores, bienvenus dans l'univers de Mohamed Harmel, dans son monde où s'entrecroise l'imaginaire avec la réalité, l'espoir avec l'accablement, la quête de l'émancipation avec l'orthodoxie.

Une constance chez le jeune écrivain. En effet, les points communs entre les deux romans de Harmel sont la dimension philosophique, l'approche symbolique, transcendante. Non, il ne s'agit pas d'un étalage des grandes théories philosophiques, ici, la théorie embrasse l'empirique, l'imaginaire n'est jamais loin de la réalité.

L'architecture est toujours là, elle teinte son style "car je donne beaucoup d'importance au lieu, à la façon de gérer l'espace dans mes romans".

Si sa rencontre avec la philosophie s'est faite "par hasard", avec l'écriture, ce n'est pas le cas: "J'ai toujours aimé lire et écrire dès mon jeune âge. J'ai ailleurs participé au lycée à un concours d'écriture de romans fantastiques". La vocation est ancrée.

Une passion du monde de la culture qui l'a poussé à faire aussi de la musique.

Une polyvalence qui n'intéresse visiblement pas trop les médias grand public. La littérature, la philosophie, pour certains, c'est ennuyeux, ça n'importe pas le buzz et donc l'audimat. Un état des lieux déplorable pour Mohamed Harmel. Un vide médiatique à quoi s'ajoute la crise de la distribution des livres en Tunisie".

Une crise de la culture, une obscurité que percent quelques étoiles, sans devenir des stars, comme Mohmed Harmel. Le rêve est encore possible!

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