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Le grand show politique de la Corée du Nord pour consacrer Kim Jong-Un et l'"État nucléaire"

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COREE DU NORD
La Corée du Nord ouvre un congrès politique entouré de spéculations | JUNG YEON-JE / AFP
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La Corée du Nord a ouvert vendredi 6 mai son premier grand show politique en près de 40 ans, un congrès du parti unique au pouvoir destiné à consacrer le règne absolu de Kim Jong-Un et le "prestige" du pays en tant que puissance nucléaire.

Des milliers de délégués triés sur le volet venus de toute la Corée du Nord se sont rendus à Pyongyang pour assister à ce rassemblement exceptionnel du Parti des travailleurs de Corée (PTC), dans l'imposant Palais du 25 avril.

Kim Jong-Un, 33 ans, n'était pas né lors du dernier événement du genre, en 1980. Cette année-là, Kim Jong-Il, père du dirigeant actuel, avait été désigné comme l'héritier de son propre père, Kim Il-Sung, fondateur d'un règne dynastique qui dure depuis près de 70 ans.

La presse tenue à l'écart

Ce 6 mai à l'occasion du congrès, les médias officiels ont salué le dernier test nucléaire nord-coréen, mené le 6 janvier, témoignage "de la grandeur et du prestige" de la Corée du Nord "en tant qu'État nucléaire". La Commission pour la réunification pacifique de la Corée (CRPC) a de son côté dénoncé l'opposition de la communauté internationale au programme nucléaire nord-coréen. "Qu'il soit reconnu ou pas, notre statut d'État nucléaire doté de la bombe H ne changera pas", a-t-elle affirmé.

Kim Jong-Un devrait prononcer une allocution qui sera scrutée de près par les observateurs à la recherche de signes éventuels d'un changement de ligne ou de personnes, avec l'ascension possible d'une nouvelle génération de cadres choisis pour leur loyauté.

Le menu de ce grand congrès n'est pas connu précisément, non plus que sa durée. Mais l'objectif principal sera vraisemblablement d'asseoir le statut de Kim Jong-Un en tant qu'héritier légitime de ses grand-père et père. Le congrès devrait également confirmer, comme doctrine du parti, la stratégie du "byungjin" initiée par Kim Jong-Un, à savoir le fait de mener en tandem développement économique et programmes nucléaire et balistique.

Les quelque 130 journalistes étrangers invités à couvrir l'événement 2016 étaient dûment accompagnés de "gardiens" et n'étaient pas autorisés à pénétrer à l'intérieur du Palais du 25 avril, dont la façade était décorée de portraits géants des deux dirigeants défunts. Les photographes et vidéastes étaient tenus à 200 mètres à l'écart.

La télévision officielle nord-coréenne s'est abstenue de toute couverture en direct, consacrant ses émissions à des images d'archives sur les prouesses du parti et des concerts patriotiques.

La Chine n'était pas représentée au congrès, selon les médias officiels chinois, peut-être le signe d'un froid entre Pyongyang et son seul allié majeur. En 1980, la Chine avait dépêché une importante délégation dirigée par Li Xiannian, devenu ensuite chef de l'État.

Des drapeaux du PTC, ainsi que le drapeau national, ont fleuri au bord des larges avenues de Pyongyang. "Les grands camarades Kim Il-Sung et Kim Jong-Il seront toujours parmi nous", proclamaient les bannières.

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Des spéculations sur un essai nucléaire en marge du congrès

Face aux médias, les passants acceptant de s'exprimer s'en tenaient visiblement à la ligne officielle. Kim Hyang, 26 ans, employée de bureau, estime par exemple que l'arsenal nucléaire nord-coréen est le produit inéluctable de l'agression américaine.

"Nous avons besoins d'armes nucléaires car les États-Unis et leurs fidèles veulent nous étouffer. Ils menacent le Nord avec les armes nucléaires, alors si nous voulons défendre notre souveraineté, la paix et la sécurité, nous devons avoir l'arme nucléaire", a-t-il affirmé.

Depuis l'arrivée du jeune dirigeant au pouvoir en décembre 2011, après le décès de son père, la Corée du Nord a mené deux essais nucléaires et deux tirs réussis de fusée, généralement considérés comme des essais déguisés de missiles balistiques.

Alors même que la communauté internationale réagissait par des condamnations doublées de sanctions, Kim Jong-Un a poursuivi avec détermination ses efforts pour mettre au point une dissuasion nucléaire crédible, à l'aide de tests de missiles et d'essais techniques complémentaires.

Il s'est également montré impitoyable envers tous ceux qu'il considérait comme déloyaux au sein du parti, du gouvernement et de l'armée. Il a ordonné l'exécution de son oncle et ex-mentor, Jang Song-Thaek.

Les spéculations s'étaient multipliées ces derniers temps sur la possibilité que Pyongyang s'apprête à mener un cinquième essai nucléaire qui coïnciderait avec la tenue du congrès. Les spécialistes de l'Institut américano-coréen de l'université Johns Hopkins ont dit jeudi, sur la foi des dernières images satellite du principal site nord-coréen d'essais nucléaires à Punggye-ri, que rien ne permettait de se prononcer sur l'imminence ou non d'un essai.

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