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Le patron du BCIJ revient sur le rôle d'Internet dans la radicalisation au Maroc

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BCIJ
Morocco's Central Bureau of Judicial Investigation (BCIJ) chief Abdelhak Khayyam speaks to the media during a news conference at the BCIJ office in Sale March 23, 2015. Moroccan authorities said on Monday they had dismantled a militant cell planning to create an Islamic State affiliate in the North African kingdom, seizing guns and accusing its members of plotting attacks. Reporters were shown six pistols and ammunition seized from a hideout near the southern city of Agadir, in the offices of th | Stringer . / Reuters
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SECURITÉ- Quel rôle joue Internet dans la radicalisation? C’est la question à laquelle a répondu le directeur du Bureau central d'investigations judiciaires (BCIJ), Abdelhak El Khayam, dans une interview accordée, jeudi à Madrid, au quotidien espagnol El País.

Pour le patron de ce service chargé d'enquêter sur les affaires liées au terrorisme, “avant l'apparition de Daech, c’était les dirigeants salafistes qui endoctrinaient (ndlr: les jihadistes marocains). Maintenant, le phénomène a changé et est devenu mondial. La radicalisation s’est accrue de façon catastrophique sur le net. Aujourd’hui, plus besoin d’assister à des réunions pour se radicaliser, il suffit d’être connecté à internet“.

“Daech a mis l’accent sur la propagande sur le web. C’est comme ça qu’a été recruté la majorité des djihadistes de la région“, poursuit El Khayam.

Plus besoin d’aller en Syrie

Le directeur du BCIJ estime que “le djihad est une idéologie fondée sur une pensée historique, fondamentaliste, qui a été instrumentalisée“.

“Il n'y a pas d’organisation monocéphale. Il faut arrêter de propager cette idéologie à travers les réseaux sociaux, comme le fait Daech maintenant. Les jeunes qui se sont radicalisés à travers le web sont automatiquement disposés à faire le djihad. Plus besoin de se rendre en Syrie pour recevoir une formation paramilitaire et revenir au pays pour faire le djihad (…) Il y a un changement de profil, de tactique et de stratégie du côté de l’organisation (Etat islamique) “.

Renforcement du cadre législatif

Interrogé sur la procédure à suivre pour les personnes soupçonnées de vouloir partir en Syrie pour faire le djihad, Abdelhak El Khayam explique que la nouvelle législation en matière de lutte contre le terrorisme au Maroc a facilité les choses.

“La loi antiterroriste nous a permis de démanteler la plupart des cellules terroristes dans le pays. Cette loi a été renforcée en 2014 pour incriminer toute personne ayant l'intention de rejoindre (un groupe terroriste) en Syrie, en Libye et en Irak et l’arrêter. Cela a facilité notre travail. Nous pouvons les interroger et les traduire en justice“.

Au Maroc, le démantèlements de cellules terroristes s'enchaînent depuis plusieurs mois. Pour faire face à la menace terroriste, le Maroc a mis en place il y a un an et demi un dispositif de sécurité renforcée baptisé "hadar" ("vigilance").

La législation a également été complétée et des dizaines de peines de prison ferme ont été prononcées depuis dans le cadre d'affaires de terrorisme. Entre 2002 et 2015, l’approche sécuritaire du Maroc a permis la neutralisation de 155 cellules terroristes, l’arrestation de près de 2.885 personnes, dont 275 récidivistes et l’avortement de plus de 324 projets terroristes.

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