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Les journalistes égyptiens dans un grand bras de fer avec le pouvoir

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EGYPT
Journalists protest against restriction on the press and to demand the release of detained journalists, in front of the Press Syndicate in Cairo, Egypt May 4, 2016. REUTERS/Staff | Reuters Staff / Reuters
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En Egypte, plus rien ne va entre le syndicat des journalistes et le pouvoir. Dans un communiqué paru mercredi à la suite de son Assemblée générale, cette organisation a condamné un assaut des forces de police égyptienne sur son siège dimanche dernier, exigeant la démission du ministre de l'Intérieur et des excuses "claires" de la part de la présidence.

Des milliers de journalistes protestaient hier contre l'arrestation dimanche de Mahmoud El Sakka et Amr Badr, qui travaillent tous deux pour le site d'opposition Bawabet Yanayer.

Ils avaient été arrêtés à la suite d'un assaut des forces de police sur le siège du syndicat des journalistes. Plusieurs responsables ont affirmé qu'il s'agit de la première fois dans l'histoire de cette organisation de 75 ans qu'un tel raid de la police était mené. Ils ont dénoncé "une violation de la Constitution et de la loi" lors de leur assemblée générale mercredi.

"Nous réclamons que la présidence présente des excuses claires aux journalistes", a déclaré un responsable du syndicat, Karem Mahmoud. "Nous réclamons le limogeage du ministre de l'Intérieur car il est le principal responsable de cette crise", a-t-il martelé.

Dans leur communiqué, les responsables du syndicat ont aussi exigé la libération des journalistes emprisonnés pour des délits d'opinion et la levée des entraves à l'exercice du métier de journaliste en Egypte.

Ce sont des centaines, des milliers selon Reuters, de journalistes qui ont assisté à cette réunion que d’aucuns qualifient déjà d’historique.

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Le syndicat a appelé tous les journaux à publier un "éditorial uni" dans les éditions du jeudi et vendredi pour réclamer le limogeage du ministre de l’intérieur, qui n'apparaîtra plus qu’en négatif dans les journaux.

Ces derniers réclament également l'annulation de l'interdiction judiciaire d'évoquer dans la presse certains sujets.

Cette organisation les appelle à consacré une colonne quotidienne durant la "semaine de la colère" pour révéler les atteintes commises par le ministère de l’intérieur "contre tous les citoyens égyptiens dont des journalistes".

A l’issue de la réunion, des journalistes ont poursuivi leur manifestation devant le siège du syndicat. "Des journalistes ont subi, lorsqu’ils ont quitté le siège du syndicat, des agressions de la part des "citoyens honnêtes" qui ont été autorisés par les services de sécurité à assiéger le syndicat", rapporte Mada Masr.

"La défense du syndicat des journalistes et plus particulièrement de son siège est fondamentale aujourd'hui. C'est un des derniers endroits où les gens peuvent encore manifester", note un confrère.

Selon Reuters, les journalistes, ont aussi appelés les médias à publier des Unes blanches, scandant lors de leurs protestation "Le journalisme n'est pas un crime". Ils ont ensuite appelé à se réunir la semaine prochaine dans le but de préparer l'organisation d'une grève au cas où leurs revendications ne sont pas satisfaites.

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Quant aux deux journalistes Sakka et Badr, ils font l'objet d'une enquête pour "propagation de nouvelles basées sur des mensonges" et "possession d'armes à feu".

Le ministre de l'Intérieur a de son côté nié que les forces de l'ordre aient envahi le bâtiment du syndicat

Plusieurs dizaines de manifestants pro-gouvernementaux se sont aussi rassemblés devant le siège du syndicat, en demandant au président Abdel Fattah al Sissi de "massacrer" les journalistes, lorsque ces derniers entraient dans le bâtiment ou qu'ils en sortaient, rapportent des correspondants de Reuters.

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