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Les critiques sur la participation de la Tunisie au Salon du livre de Genève continuent de pleuvoir

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La participation de la Tunisie au Salon du Livre et de la Presse de Genève, en tant qu’invitée d’honneur, avait provoqué un tollé de critiques avant même le début de la manifestation et qui s’est accentué au cours et après la fin du Salon.

Les conséquences d’une organisation de dernière minute et les failles de coordination sont à l’origine d’une grande polémique dans la presse aussi bien nationale qu’internationale, et sur les réseaux sociaux.

Il n’empêche, les allégations sur une éventuelle participation de 70 fonctionnaires et agents du personnel du ministère de la culture et de la sauvegarde du patrimoine étaient démenties lundi par le ministère. Selon les propos de Adel Khedher, coordinateur général du Pavillon tunisien, la délégation tunisienne a regroupé 72 personnes, qui représentent en grande partie des invités de tous les secteurs des arts et de la culture.

Retour sur des témoignages recueillis sur place au Salon du livre de Genève (27 avril- 1er mai 2016).

Une organisation de dernière minute

De l’avis d’un grand nombre de membres de la délégation tunisienne, de la communauté tunisienne établie en Suisse et des invités, une organisation de dernière minute est déjà à l’origine de cet "échec ayant affecté ainsi l’image de la Tunisie dans un pavillon de 650m2, dans un rendez-vous de cette envergure préparé déjà depuis près de trois ans".

Tout en imputant la responsabilité au ministère de la Culture et de la sauvegarde du Patrimoine en tant que partie officielle en charge de l’organisation, les critiques portent sur une participation qualifiée de "médiocre". Certaines lacunes ont été constatées par des invités tunisiens sur place.

Selon Mustapha Ben Jaafar, ancien président de l’ANC (Assemblée nationale constituante), la participation tunisienne dans "ce prestigieux salon du livre aurait pu être exploitée comme il se doit surtout que de tels événements sont à saisir au mieux pour mettre en avant tout une image de la Tunisie", a-t-il relevé, faisant observer qu’il s’est déplacé à Genève à ses propres frais pour une séance de dédicace de son livre "Un si long chemin vers la Démocratie" (Entretien avec Vincent Geisser, paru aux Editions Nirvana, Tunis, 2014).

Pour la productrice Dorra Bouchoucha qui criait au "régime de médiocratie", la responsabilité est partagée pointant du doigt sur la faiblesse de la diplomatie tunisienne en Suisse qui n’aurait pas selon ses dires "joué son rôle pour faire réussir cette manifestation et honorer l’image du pays".

Cette "passivité injustifiée de la diplomatie semble étrange surtout que les Suisses ont donné tous les coups de mains possibles", affirme Ben Jaafar. Autre maillon faible de la chaîne serait les défaillances liées à la programmation qui semble être en dessous des attentes de plus d’un observateur et personnalités présentes dans le pavillon.

Absence d’une campagne de communication et de promotion

La première impression de l’avis de plusieurs est qu’on n’a pas pris le temps qu’il faut pour présenter de tels événements comme celui de Genève dont les préparatifs ont commencé depuis 2013.

Un constat confirmé par Adel Mejri, membre de l’association de la Communauté tunisienne en Suisse (CTS) qui a rappelé que "les contacts pour inviter la Tunisie en tant que hôte d’honneur ont commencé depuis 2013 avec le salon de Genève, dirigé par Adeline Beaux".

Selon les propos de Adel Mejri, cette organisation "hâtive" est essentiellement due aux démarches administratives bureaucratiques lourdes et à la traîne du dossier avec la succession de trois ministres à la tête du département depuis l’époque de Mourad Sakli, date à laquelle la participation tunisienne a été retenue. Le schéma du travail a commencé à se dessiner juste après, au moment où Latifa Lakhdhar était ministre de la Culture.

Il a fallu par la suite attendre encore jusqu’à l’arrivée de la nouvelle ministre qui a pris le train en marche depuis seulement trois mois (nommée à ce poste le 6 janvier 2016).

En dépit de la présence d’académiciens et d’artistes de grand calibre, sur la liste des conférenciers, une faible présence a été constatée au niveau des visiteurs ce qui dénoterait de l’absence d’une campagne de promotion et de communication.

Durant les trois premiers jours du Salon, le visiteur du stand tunisien pouvait facilement constater qu’il s’agit d’un événement organisé à la hâte. Des débats sans public et des stands quasiment désertés, sauf par les membres de la délégation.

Les espaces réservés à la manifestation Sfax capitale de la culture arabe ou bien à l’association de la Communauté tunisienne en Suisse (CTS) ont mis les responsables dans l’embarras:

Rabiaa Belfguira, commissaire régionale de la culture a Sfax n’a pu ni accrocher ses affiches ni avoir un coin pour bien exposer les livres ramenés pour promouvoir la manifestation Sfax capitale de la culture arabe 2016.

Idem pour Adel Mejri, responsable des relations extérieures dans l’association CTS qui a soulevé quant à lui un désordre qui n’a rien à voir avec le temps mais plutôt avec un savoir faire de gestion quasiment absent.

Les deux pavillons phares du Salon international du livre et de la presse de Genève: un pour l’exposition autour du monde de Paulo Coelho et l’autre pour la Tunisie, pays hôte du Salon.

Bien que la vocation ne soit pas la même mais en visitant les 600 m2 pour Coelho et les 650m2 pour la Tunisie, la différence est flagrante, du point de vue gestion de l’espace, agencement, design, organisation et accueil tout est fait à la perfection chez Coelho.

Il va sans dire que les critiques portant sur le manque d’organisation et les lacunes constatées sur le pavillon étaient prévisibles dès le départ.

A la veille de l’ouverture du Salon, le pavillon tunisien était le seul encore en chantier jusqu’à tard dans la nuit, à quelques heures de l’ouverture officielle du Salon le 27 avril 2016 vers 17H00.

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