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Le PAM fait-il main basse sur le football marocain?

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A cinq mois des législatives, la politique politicienne s'invite aussi dans le football | DR
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FOOTBALL - A cinq mois des législatives, la politique politicienne s'invite aussi dans le football. L'arbitrage du match qui a opposé dimanche 1er mai le Wydad à la Mouloudia d'Oujda (MCO) a déterré les suspicions sur le Parti modernité et authenticité (PAM) d'exercer une hégémonie sur le football marocain. Une tension exacerbée par la démission de Mohamed Boudrika, le vice-président de la Fédération royale marocaine de football (FRMF), également président du Raja, et qui n'a pas tardé de fustiger la Ligue nationale de football professionnel, l'accusant de "partialité" en direct sur la chaîne Medi1 TV.

Pour cause, Fouzi Lekjaa et Saïd Naciri, respectivement président de la FRMF et du club du WAC, sont tous deux issus du PAM et sont accusés par certaines parties de vouloir mener coûte que coûte l'équipe casablancaise à la victoire. Et à cet effet, tous les coups sont permis. Le patron du MCO, Khalid Benasri, a qualifié le match de "carnage perpétré contre son club" sur les colonnes du quotidien Le Matin et a réclamé l'ouverture d'une enquête. De son côté, la FRMF a annoncé l'ouverture d'une enquête judiciaire à l'encontre de Boudrika qui, en plus d'accuser la LNFP, également présidée par Naciri, de partialité, a considéré que la fuite du contrat de son attaquant Michael Babatunde, est une tentative de sabotage du Raja de Casablanca par la fédération.

Récupération politique

Des membres du PJD n'ont pas tardé à se saisir de l'affaire pour attaquer leur ennemi juré, le PAM. Sur sa page Facebook officielle, le député du parti de la lampe Mohamed Yatim a partagé les images d'une marche à Oujda où les supporters du MCO dénoncent l'arbitrage du match qui a opposé leur équipe au Wydad. Il a également signé un long papier sur le site d'information du PJD où il dénonce "l'ingérence dans le football", accusant directement le parti dirigé par Ilyas El Omari.

"Le monde du football n'est pas resté à l'abri de son ingérence (le PAM, ndlr)", lance Yatim. Et de poursuivre: "Cette fois, les critiques ne sont pas venues du PJD, mais de membres de la fédération et de clubs sportifs. Ce qui prouve que cette ingérence aura des résultats catastrophiques à l'avenir".

"Cette polémique démontre l'importance de séparer le sport de la politique", estime Yatim, qui appelle à "éloigner les dirigeants et symboles politiques des postes de responsabilité dans le domaine du football".

Une polémique vieille de plusieurs années

Ces différends entre le président de la FRMF et ses adversaires sur fond d'accusations d'ingérence ne datent pas d'hier. Ils sont apparus en juin 2014, lorsque le député PAM Saïd Naciri a été nommé à la tête du WAC, alors même que Fouzi Lekjaa et Ilyas El Omari (à l'époque président du Chabab Rif Al Hoceima),portaient cette double casquette. Cette élection a également été commentée sous un prisme politique dans la mesure où le principal concurrent de Naciri était issu du Rassemblement national des indépendants (RNI).

Début 2015, la rivalité entre le Parti de la justice et du développement et le PAM s'est invitée à la FRMF, après que le chef du gouvernement a accusé le parti du tracteur d'intervenir dans la gestion de la fédération footballistique et d'user de "baltajas" pour favoriser le Wydad.

Ces propos avaient provoqué la colère du président de la FRMF, qui menacé de geler les activités footballistiques du royaume, réclamant des excuses du chef du gouvernement.

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