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Les transplantions d'organes sur donneurs décédés en deçà des besoins, selon le ministre de la Santé

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L'activité de transplantation d'organes sur donneurs décédés en Algérie soit en deçà des besoins des nombreux malades, en attente de greffes, a affirmé le ministre de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière.

S'exprimant à l'ouverture du séminaire international sur la "coordination hospitalière pour le prélèvement multi-organes" sur donneur décédé, le ministre a cité, à ce propos, les pathologies des insuffisances rénales et des insuffisances hépatiques, pour lesquelles les greffes effectuées jusque-là, sont essentiellement sur donneurs vivants.

Corroborant ses dires par des statistiques, M. Boudiaf, rapporte l'Agence de presse algérienne (APS) a fait savoir que pour la greffe rénale, la moyenne annuelle tourne, au mieux, autour de 230 greffes, ce qui est "très peu comparativement aux demandes éligibles potentielles", se comptant par plusieurs milliers.

"Cette situation montre les limites de la greffe à partir de donneurs vivants et indique de façon claire que la seule alternative est dans la mise en place d'un cadre organisationnel adéquat assurant le développement de la greffe d'organes, de tissus et de cellules à partir de donneurs en état de mort encéphalique", a-t-il poursuivi.

Il a estimé qu'à ce titre, la situation des insuffisants rénaux chroniques "est édifiante, dans la mesure ou sur les quelques 23.000 patients actuellement dialysés ou en pré-dialyse, seul un tiers sont éligibles à la greffe", au regard de l'âge avancé du reste des malades.

Plaidant pour une "actualisation du cadre juridique régissant l'activité de greffe et organisant les conditions du prélèvement", M. Boudiaf a insisté également sur une coordination hospitalière qui permette "à tous les intervenants de maîtriser les codes et protocoles en la matière".

A ce propos, il a appelé à une "adaptation des urgences hospitalières pour une plus grande efficacité" de sorte à influer "positivement" sur les proches du donneur décédé potentiel, en les amenant à consentir au prélèvement.

Il a rappelé, dans ce cadre, l'expérience menée par le département qu'il dirige en 2002 et ayant révélé que la société "est favorable" au don d'organes, en même temps qu'elle a démontré "les freins qui limitent le développement du prélèvement à partir de donneurs décédés".

"Tous les services des urgences, et plus particulièrement ceux des centres agréés pour les prélèvements, doivent s'organiser pour que les équipements nécessaires au diagnostic de la mort encéphalique soient accessibles en 24h", a-t-il insisté, notant que le donneur potentiel "peut se présenter à n'importe quelle heure du jour ou de la nuit".

Dans le cadre du projet d'établissement, le ministre a insisté sur la mission incombant aux centres de prélèvement, à savoir "être en mesure d'assurer toutes les analyses biologiques nécessaires dans des délais médicalement acceptables".

Le développement de la greffe à partir de donneurs décédés "devra être le fait d'un véritable plan de développement", a-t-il également préconisé, soulignant qu'avec la mise en place de l'agence nationale des greffes, les moyens sont "en passe d'être réunis pour assurer un démarrage effectif et pérenne" de cette activité.

La mise en place des banques de tissus ainsi que la mise sur pieds d'une logistique codifiée s'agissant du transport des organes, des receveurs ou la mobilisation des transplanteurs, font également partie de ces moyens, a noté le ministre, s'engageant à "accompagner durablement" l'agence des greffes par une stratégie de sensibilisation et de communication.

Abordant la dimension religieuse de la question, le ministre de la Santé a considéré que "contrairement à l'idée répandue, celle-ci ne pose aucun problème", arguant de ce que le Haut Conseil Islamique (HCI) ainsi que le fonds documentaire
des institutions islamiques de référence "vont dans le sens de la promotion du prélèvement d'organes, se référant en cela à la position encourageante de Cheikh Hamani".

La rencontre d'aujourd'hui réunit des spécialistes dans le domaine des greffes d'organes venus de France, du Maroc et de Tunisie afin de partager leurs expériences et accompagner le ministère de la Santé dans sa démarche de développement
de cette discipline.

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