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Larry Wilmore a osé dire le "N-word" à Barack Obama (VIDÉO)

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ETATS-UNIS - S'il y a bien un mot tabou aux Etats-Unis, c'est le mot "nigger", ou sa déclinaison "nigga", "nègre" en Français. Un mot-symbole du racisme et rappelant la douloureuse histoire de l'esclavage, que les médias américains n'osent même pas écrire, lui préférant des petites étoiles, "n****r", ou le fameux "N-word" (le mot en "N"), et ce même quand c'est Barack Obama qui le prononce.

Samedi 30 avril au soir lors du traditionnel dîner de l'Association des correspondants de la Maison Blanche (WHCA), l'humoriste-animateur-comédien Larry Wilmore, seul Afro-Américain à la tête d’un late-night show à la télévision américaine, n'a pourtant pas hésité à adresser le fameux mot en direction du président américain.

Dressant l'éloge de Barack Obama, Larry Wilmore a tout d'abord raconté tout ce que représentait pour lui le fait de voir un président noir à la Maison Blanche. "Quand j'étais petit, je vivais dans un pays où l'on pensait que parce qu'un homme était noir il n'était pas capable de prendre la tête d'une équipe de football. Et maintenant je vis à votre époque, Monsieur le président, où un homme noir peut être à la tête du monde libre".

Concluant que les mots ne suffisaient pas à rendre justice à la situation, le comédien a ensuite lâché en direction d'Obama: "Yo Barry, you did it my nigga" ("T'as réussi, mec" ["nigga", négro en français, est ici employé comme un terme de camaraderie]) (voir la vidéo en tête d'article). Une intervention qui a fait rire le président qui s'est ensuite levé pour enlacer le comédien.

L'utilisation du terme si tabou a cependant été très critiquée par certains, comme le journaliste de Fox News Todd Starnes ou encore le révérend Al Sharpton, ardent défenseur des droits civiques aux États-Unis.


De très nombreux utilisateurs de Twitter ont eux apporté leur soutien au comédien et rappelé que les Afro-américains s'étaient réappropriés le mot "nigger" pour mieux combattre l'humiliation dont il était synonyme par le passé.

D'autres se sont amusés du fait que des personnalités blanches et conservatrices se permettaient de critiquer la scène sans pour autant dénoncer des événements comme l'un des leaders du Klu Klux Klan apportant son soutien à Donald Trump pour la présidentielle.

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