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Une salle de prière musulmane détruite dans un incendie à Ajaccio

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SALLE PRIERE AJACCIO
Capture Video Corse Matin
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Dans la nuit de vendredi à samedi, une salle de prière musulmane a été détruite dans un incendie à Ajaccio, rapportent France Bleu RCFM et France Info. "Le feu a pris vers 4h30 samedi matin, pour une raison encore indéterminée, dans le quartier de Mezzavia (nord d'Ajaccio)", détaillent nos confrères précisant que l'origine de l'incendie était pour le moment inconnue.

Toutefois, France Bleu RCFM précise sur Twitter que "selon le procureur", c'est la piste criminelle qui serait privilégiée par les enquêteurs. Ce que le procureur de la République d’Ajaccio, Eric Bouilard, a confirmé dans la matinée.

Cette salle de prière a déjà été visée par le passé, "des têtes de sanglier avaient été déposées devant la porte d’entrée", rappelle France Bleu RCFM.

La salle de prières, située derrière le stade de football de l’équipe du Gazélec d’Ajaccio, est l’une des deux plus grandes de la ville.

Au mois de décembre, Ajaccio avait été secouée par des vagues de violences aux accents xénophobes et islamophobes.

Une salle de prière musulmane avait été saccagée en représailles d'échauffourées survenues la veille entre des jeunes de la cité des Jardins de l'Empereur et des pompiers.


Une salle de prière musulmane détruite par les... par corse-matin

"Solidarité aux musulmans de Corse"

Dans un communiqué, le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve a fait part de sa "solidarité aux musulmans de Corse". "Si l'origine criminelle est confirmée elle donnera lieu à la recherche active des auteurs, qui devront répondre de cet acte inacceptable devant la justice. Le ministre de l'Intérieur rappelle la détermination du gouvernement à assurer la protection de tous les lieux de culte, et à assurer la liberté de culte partout sur le territoire", a ajouté le ministre.

De son côté, le maire d'Ajaccio Laurent Marcangeli "condamne avec force", l'incendie de la salle de prière.


L'enquête ouverte pour dégradation par incendie a été confiée à la police judiciaire et aux enquêteurs de la sécurité publique. "Les dégâts sont très, très importants", a déploré auprès de l'AFP Abdallah Zekri, le président de l'Observatoire contre l'islamophobie, qui "condamne avec force cet acte vil et odieux".

Ce dernier demande aux autorités "en qui (il a) toute confiance" de "faire toute la lumière sur cet événement afin d'éviter l'escalade de la violence". "Il y a des gens qui veulent à tout prix mettre en péril le vivre-ensemble", a-t-il regretté, tout en appelant au calme.

Après les incidents des Jardins de l'Empereur, quelques actes antimusulmans avaient été enregistrés dans les semaines suivantes , notamment le dépôt d'une dépouille de sanglier devant une salle de prière musulmane, et des graffitis "les Arabes dehors" au bord des routes.

"Il y avait eu une accalmie depuis la fin de l'année, malheureusement, certaines personnes mal intentionnées veulent mettre le feu", regrette Abdallah Zekri.

Dans un communiqué distinct, le Conseil français du culte musulman (CFCM) a de son côté condamné "avec la plus grande vigueur ces actes intolérables qui visent des lieux de culte, lieux de prière et de sérénité". Le CFCM s'est dit "profondément choqué par cette nouvelle attaque qui intervient quatre mois après le saccage d’une autre mosquée à Ajaccio au mois de décembre dernier" et "exprime son total soutien aux responsables et aux fidèles de la mosquée d’Ajaccio".

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