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Les anciens abattoirs de Casablanca au centre d'une concurrence entre SDL

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ANCIENS ABATTOIRS CASABLANCA
Les anciens abattoirs de Casablanca au centre d'une concurrence entre SDL | DR
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CULTURE - Les deux mois à venir seront décisifs pour les anciens abattoirs de Casablanca. Au centre de rencontres initiées par la Wilaya de Casablanca, ils confrontent Conseil de la ville, société civile et sociétés de développement local (SDL).

Les anciens abattoirs doivent garder leur caractère culturel. C'est, selon des sources proches du dossier, l'une des principales conclusions auxquels sont arrivés les différents intervenants lors d'une réunion tenue récemment avec le Wali de Casablanca Khalid Safir. La réunion, qui s'est tenue en présence de représentants du Conseil de la ville et des associations opérant dans la culture, sera suivie par d'autres rencontres. L'objectif: trouver, d'ici deux mois au plus tard, un mode de gestion pour les anciens abattoirs.

Car depuis l'expiration de la convention signée entre la ville de Casablanca et Casamémoire, la gestion des anciens abattoirs est au coeur d'un débat portant sur l'avenir de ce lieu de culture. D'où les réunions avec le Wali, qui auront pour objectif de dégager un consensus entre les différentes parties prenantes, et, surtout, un mode de gestion idoine des lieux.

"Nous espérons que ce sera un exercice de démocratie participative, et que la solution qui sera choisie sera la plus pertinente", confie une source associative au HuffPost Maroc. Car d'ores et déjà, les anciens abattoirs éveillent les concurrences: la société de développement local (SDL) Casa Patrimoine, créée en 2014, se chargera de la réhabilitation des lieux, mais lorgne déjà leur gestion.

De son côté, la SDL Casa Events et Animation, elle aussi créée en 2014, souhaite ajouter la gestion des anciens abattoirs à son tableau de chasse. "Il y a une concurrence institutionnelle entre Casa Patrimoine et Casa Events et Animation", nous informe une source proche du dossier, qui ajoute qu'"en arrière-plan, il y a aussi la concurrence entre le Conseil de la ville d'un côté, et la Wilaya de l'autre, qui peut poser problème." En filigrane: la crainte de voir le Conseil de la ville agir avec des visées électorales, et la Wilaya pécher par excès de pragmatisme.

Mélange des genres?

"La mission de Casa Patrimoine, c'est la préservation du patrimoine et sa gestion. Il y a donc, déjà, assez de boulot pour Casa Patrimoine. Si elle y additionne la gestion, qui ne relève pas de ses missions, on fera face à des problèmes similaires à ceux que nous avons eu dans le passé, aux anciens abattoirs, avec tous les blocages que cela implique", estime Aadel Essaadani, coordinateur général de l'association Racines, qui plaide pour que "ce soit lisible. Si Casa Patrimoine devrait se charger du contenant, qui est les anciens abattoirs, en tant que bâtiment, à Casa Events et Animation incomberait le contenu, dans le sens où elle devrait s'occuper de la programmation, de la mise en place d'un cahier de charges avec les associations sur place et les programmateurs", explique-t-il.

D'autres réunions sont prévues dans les semaines à venir, et devraient aborder, outre la gestion des anciens abattoirs, les manières de mettre en place des activités génératrices de revenus. Ce qui préfigure bien des désaccords, car chacun des intervenants (société civile, Wilaya, Conseil de la ville et chambres de commerce) défend une vision différente des choses. Tandis que certains plaident pour une privatisation partielle des lieux, d'autres refusent cette proposition, et préconisent plutôt de tirer des revenus à partir des activités culturelles qui se déroulent dans les abattoirs.

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